Les soirées tables-tournantes

par Pierre Pigot

Tandis qu’à Paris, le Second Empire commençait à s’installer dans les dorures des Tuileries et les tournicotis des crinolines sur un air d’Offenbach, il y avait, dans l’archipel anglo-normand, un poète français exilé avec sa famille et quelques amis, qui chaque soir tirait les rideaux et plaçait au centre de la pièce une petite table d’enfant, dont les coups et les craquements étaient interprétés comme autant de signes venus de l’au-delà, et que le poète se hâtait aussitôt de transcrire sur le papier.

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AuthorPierre Pigot