De la futilité d'écrire (mais de continuer malgré tout)

par Fernando Sdrigotti

L'écriture me semble inutile et impossible à justifier de façon raisonnable. À moins de voir ça comme un hobby. Une façon de passer le temps. Si je devais donner un conseil d’écriture à quelqu'un voilà ce que je lui dirais : Marchez dans n’importe quelle gigantesque librairie et demandez-vous si vous pouvez supporter d’être un nom de plus perdu dans ce désert de mots. Si cette situation vous est intolérable alors faites autre chose.

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AuthorFernando Sdrigotti
Categoriesopinion, essai
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Du salon de monsieur Moix

par Pierre Pigot

Désormais, chaque samedi, dans une lucarne qui n’a depuis longtemps plus rien de magique, Yann Moix tient salon. Peu importent le majordome normand qui passe les plats de la rigolade poujadiste, ou la dame libanaise qui à ses côtés tente maladroitement d’ajouter quelques arguments – dès la première, c’est lui qui occupe tout l’espace de la discussion, oriente les débats, ponctue n’importe quel objet d’une citation bien amenée, dose la bassesse et l’éloge, la vulgarité et la pyrotechnie factice, en artiste consommé de sa propre image. Rien de ce que ses adversaires ne connaissent déjà du personnage, donc – et à apprendre que Michel Houellebecq et Christine Angot étaient ses premiers invités littéraires, il y avait de quoi faire frémir les plus réfractaires comme devant une impiété manifeste.

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AuthorPierre Pigot
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En 2009, lorsque paraissait La fonction du balai, premier roman de David Foster Wallace, voilà ce qu’on pouvait lire entre les omoplates cartographiés de Jayne Mansfield : « David Foster Wallace est né en 1962 dans l’Illinois, nouvelliste, auteur d’essais et d’un roman épique devenu culte, Infinite Jest (tous parus ou à paraître au Diable Vauvert). » … tous parus… ou à paraître… Nous sommes en 2015 et...

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AuthorLe Fric Frac Club
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La littérature américaine est-elle surestimée ?

par Lazare Bruyant

Décidément, plus personne ne respecte les Américains. Il y a peu, lors du Jaipur Festival of Literature, Jhumpa Lahiri et Xialou Guo, respectivement indo-américaine et sino-anglaise, exprimaient le sentiment étrange et excitant que la littérature américaine était "massivement surestimée". L’une des principales raisons avancées par les deux romancières pour expliquer cette catastrophe était un manque flagrant d’ouverture, menant à un nombre de traductions tout à fait ridicule (2 % des livres publiés par an dans les pays anglo-saxons contre 27 % en France, à la louche). Que ce soit dans les médias ou les librairies américaines, la place réservée aux livres étrangers est dérisoire. Même au moment de faire un inventaire universel leur vision reste curieusement étroite. Prenez une bûche comme The Western Canon d’Harold Bloom ou le très populaire 1001 Books to Read Before You Die (on va laisser Steven Moore tranquille), bon ben c’est bourré jusqu’à la gorge d’auteurs anglo-saxons dont un bon paquet est totalement inconnu par le reste du monde civilisé. Fanny Burney, Matthew Arnold, A. E. Housman... Des piliers de la littérature occidentale ? Sérieusement ?

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AuthorLazare Bruyant
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