De l’étrange connivence entre Shakespeare et Agrippa d’Aubigné


« J’imagine que le challenge qui s’est présenté à Bernard pour traduire La Tragédie d’Arthur est assez unique dans la vie d’un traducteur » : on ne saurait mieux introduire et justifier la raison d’être de cet entretien croisé entre le romancier Arthur Phillips et le traducteur Bernard Hoepffner. Le premier a fait paraître en France aux premiers jours de 2013 l’une des œuvres les plus prodigieusement culottées que nous ait offert la fiction américaine de ces dernières années ; le deuxième, adepte des défis éditoriaux fabuleux (des Baroques anglais aux plus baroques des postmodernistes américains), l’a traduit. A bien des égards, on a donc affaire à un "mariage au paradis". Sans rien déflorer, Bernard Hoepffner, technicien remarquable et militant cibliste, était sans doute un peu plus encore que d’habitude le traducteur de la situation. Etabli sur un démoniaque dispositif métafictionnel dont le cœur est rien de moins qu’un faux méticuleusement forgé et crédible à 98% de William Shakespeare, La Tragédie d’Arthur pose des myriades de question à la littérature et à l’époque et nécessitait bien plus, bien mieux qu’un rab’ de boulot et de méticulosité. Dans cette discussion à bâtons rompus, discrètement modérée par nos soins et garantie 100% sans blah blah technique, il est question des poètes de la Renaissance, de Voltaire, de Shakespeare en Dieu, de Shakespeare en homme, de Shakespeare en écrivain de métier ; de génie créateur et de génie faussaire ; du douloureux problème de la paternité des œuvres et de la longue lignée des faiseurs de "fakespeare" ; finalement, de la mort de l’hoax à l’Ere d’Internet. On vous invite à vous y perdre.

Agrippa

Agrippa

La dernière fois que j’ai vu Bernard, il me parlait de son idée de tenter l’expérience d’une campagne de marketing viral pour faire la promotion de La Tragédie d’Arthur en France, à l’image de ces très complexes campagnes en ARG  [1] où les futurs lecteurs ou spectateurs sont confrontés à une quête et un ensemble d’indices à déchiffrer plutôt qu’une campagne de publicité traditionnelle. Ça ne s’est finalement pas fait ?

Bernard Hoepffner : Comme pour La Maison des feuilles ?

Exactement.

BH : Tu te souviens de mon idée, Arthur ? Faire croire aux lecteurs français qu’en guise de faux Shakespeare, tu avais en fait traduit en Anglais une pièce de Théodore Agrippa d’Aubigné.

Arthur Phillips : Le livre est paru il y a déjà deux ans aux Etats-Unis. L’idée du roman est bien sûr qu’il s’agit de fausses mémoires, qui racontent que je serais la seule personne au monde en possession d’un exemplaire de 1597 d’une pièce de Shakespeare inconnue à ce jour. L’idée initiale, à la parution du livre aux Etats-Unis, était que les gens seraient suffisamment désorientés par les points communs entre ce texte faussement autobiographique et ma vraie vie pour lire la pièce en entier et douter, ne serait-ce qu’une seconde, de l’authenticité de la pièce. Bien entendu, c’est moi qui l’ai écrite, en m’inspirant de sources que Shakespeare lui-même aurait utilisé et en m’imposant toutes sortes de contraintes plutôt sévères pour rendre le faux plausible, notamment en utilisant son vocabulaire ou du vocabulaire qui était à sa disposition à son époque, en inventant des mots qu’il aurait pu inventer en suivant les patterns et les techniques qu’il utilisait pour inventer les siens. La partie romanesque du livre raconte les événements fictifs qui m’auraient amené à rentrer en possession de cette pièce. J’imagine que le challenge qui s’est présenté à Bernard pour traduire l’ensemble est assez unique dans la vie d’un traducteur : traduire du faux Shakespeare crédible, mais également rendre compte de tous les détails infimes qui indiquent aux spécialistes qu’ils ont affaire à un faux qui s’amuse de sa propre fausseté. Certains universitaires ont loué mon effort et prétendu que mon exercice d’imitation était plausible : dénué du génie de Shakespeare bien sûr, mais plausiblement imitatif.

BH : J’ai relu du Shakespeare avant de commencer et j’ai été bluffé par le talent de faussaire shakespearien d’Arthur. Je ne suis pas un spécialiste, mais je suis la cible idéale du canular : je m’y connais juste assez pour que ma crédulité fasse honneur à la qualité du faux. Puis je me suis lancé simultanément dans les deux parties du texte et j’ai tout de suite compris qu’il était absurde de traduire la pièce dans un Français moderne : le roman continue dans les notes de bas de page du roman, et ces notes de bas de page étaient impossibles à adapter dans l’équivalent d’une adaptation moderne d’une pièce élisabéthaine. La première opportunité qui s’est présentée à moi, c’était donc de traduire de l’Anglais du XVIIe siècle en Français de la Renaissance. Je me suis replongé dans Montaigne et j’ai beaucoup utilisé le Littré, qui est le seul dictionnaire français à inclure l’histoire des mots, pour être sûr de ne pas utiliser de vocabulaire trop moderne. Puis j’ai envoyé le brouillon de la première scène à Jacques Roubaud, qui est un spécialiste du sonnet français et qui m’a poussé à faire de l’alexandrin qui rime, avec la césure. J’étais un peu flottant sur mon nombre de pieds, je dois avouer. Forcément, et même si le lien n’est pas direct, je suis revenu aux grands poètes français de la Renaissance, Marot, Ronsard, Agrippa d’Aubigné.

AP : Tu as lu Agrippa d’Aubigné ?

BH : Bien sûr. Pas toi ?

AP [prend un air mystérieux.] : Non, jamais.

BH : Je me suis rendu compte que certains des vers de la pièce d’Arthur que j’avais traduit ressemblaient naturellement à du Agrippa d’Aubigné. Sachant qu’Arthur parle très bien le Français – mieux qu’il ne le dit en tout cas [2], je me suis demandé si lors de ses précédentes pérégrinations en Europe de l’Est [3], il n’était pas tombé par hasard sur du Agrippa d’Aubigné. Je me suis demandé s’il n’avait pas inconsciemment traduit ce grand poète baroque français en Anglais élisabéthain.

AP : Ça serait une terrible supercherie.

BH : Ce qui n’est pas ton genre.

AP [en français] : Non. Prouve-le, Bernard.

BH : Je peux te retrouver les vers.

AP : Je trouve cette accusation très désagréable. Parlons plutôt de la partie autobiographique du roman si vous voulez bien.

Arthur

Arthur

Evoquons alors le cas de Roland Verre, l’universitaire qui annote la pièce et qui, à mon sens, est le personnage le plus intéressant du roman. Les moments où il dénonce l’usage étrange et anachronique de vernaculaire typiquement... américain, notamment. J’imagine qu’une bonne partie des remarques de ce spécialiste fictif vous a permis, Arthur, de révéler les sources et stratagèmes utilisés pour forger votre faux. Si l’on pense à toute l’histoire des traductions de Shakespeare en Français, je me demandais si Bernard n’avait rajouté ses propres éléments fictifs dans ces notes ?

BH : Je pense à la première traduction de Hamlet par Voltaire, qui est célèbre pour le vers : « L’être ou le néant, il faut choisir ». Qui est bien meilleur que le fameux « Etre ou ne pas être, telle est la question ». Jean-Paul Sartre avait de saines lectures.

Le simple fait de traduire Shakespeare en Français de la Renaissance est une fiction, puisqu’il n’avait pas été traduit à l’époque.

BH : Les seules traductions de Shakespeare que nous avons en notre possession sont en Français moderne, oui.

AP : Es-tu sûr ?

BH : Presque sûr. C’est étonnant, parce que la première traduction en Français de Robinson Crusoe a été réalisée un an après sa parution anglaise. Shakespeare n’a pas été traduit en Français de son vivant.

AP : Et Marlowe ou Ben Johnson, ont-ils été traduits en Français de leur vivant ?

BH : Je ne sais pas. La plupart des auteurs étaient plagiés avant d’être honorés par une traduction.

AP : Molière a dû être traduit en Anglais très rapidement.

BH : Mais Molière était bien plus célèbre de son vivant que ne l’était Shakespeare.

Arthur, pourquoi avoir choisi Shakespeare ?

AP : Bien entendu, il occupe une place unique dans les lettres anglaises, qu’aucun auteur d’aucun autre pays n’occupe dans sa culture. Cette place est assez irritante, de mon point de vue d’auteur. Dire de Shakespeare qu’il est l’un de vos écrivains préférés est une absurdité. Il est à la fois tout et rien. J’imagine que ce n’est une situation saine pour aucun auteur, aucun individu sur cette planète. C’est presque dommage pour lui. Ça le tue pour ses lecteurs. Dans Hamlet, il y a des incohérences temporelles tellement absurdes qu’on dit de lui qu’il aurait anticipé la théorie de la relativité.

BH : Aucune critique n’est possible à l’adresse d’un Dieu.

AP : C’en est au point où le fait de trouver une faiblesse dans un texte de Shakespeare révélerait l’ignorance du lecteur.

BH : Ou serait une preuve que le texte aurait été écrit par quelqu’un d’autre.

Toutes ces théories embarrassent l’auteur mais sont source merveilleuse de fiction sur son compte.

AP : Et pourtant, ce que l’on sait de source sûre de sa vie révèle l’existence d’un écrivain de métier. Peut-être même l’un des tout premiers, de ceux qui ont inventé notre métier. Il n’était pas un aristocrate, il n’écrivait pas comme tel, il n’agissait pas comme tel. Il n’était pas non plus un Dieu. Pourquoi Shakespeare ? Parce qu’il mérite une réputation plus belle que celle qu’il se traîne, qui est soit celle d’une divinité, soit celle d’un imposteur. Il mérite d’être traité comme un écrivain. Je me sens un peu jaloux, aussi. Si j’écris quelque chose de maladroit, d’un peu raté, si je rate un personnage, n’importe quel critique professionnel ou amateur a le droit de l’écrire et de le penser. Shakespeare est exempt de ce genre de critiques et je trouve ça très injuste, en tant qu’écrivain de métier autant qu’en tant qu’admirateur de Shakespeare. 

Il y a cette question éternelle que pose votre doppelgänger dans le livre : et si son nom n’était pas écrit sur la couverture ?

AP : La question est : pourquoi la paternité des œuvres nous importe tant ? Je dois dire que les gens qui refusent à Shakespeare la paternité de ses pièces me mettent très en colère. Je déteste l’idée qu’un écrivain puisse travailler très dur sur une œuvre et que des critiques, des siècles plus tard, la comprennent si mal qu’ils la lui confisquent. Plus j’ai travaillé sur ce livre, plus je me suis identifié à ce bon vieux William. La paternité de ses œuvres n’est pas moins plausible que la mienne ou celle de n’importe quelle auteur. Ce qui provoque les débats autour de son cas ne sont qu’un dommage collatéral de l’adoration qu’on lui porte. On prête tellement de qualités indiscutables et incommensurables à son œuvre que fatalement, elle devient incompatible avec le fait qu’un seul homme ait pu l’écrire intégralement. Le fossé entre le Dieu des lettres qu’on projette sur son cas et sa propre vie d’homme est impossible à franchir. Un Dieu n’engage pas des procédures pour être remboursé de l’argent qu’on lui doit, il n’écrit pas des lettres pour qu’on lui rembourse ses dettes, il ne perd pas du temps à faire des conneries comme manger, baiser, faire la fête. En tant qu’auteur qui a un prêt immobilier à rembourser, je compatis très fort. Le vrai écrivain est le vrai homme.

Bernard

Bernard

Bernard a traduit Thomas Browne, qui est avec Shakespeare l’un des plus grands inventeurs de mots de la langue anglaise…

BH : Il en a inventé plus de 800, dont « computer », ou « electricity ». Avant Descartes. Shakespeare en aurait inventé 1500.

AP : On lui attribue la paternité de plus de mots qu’il n’en a probablement inventés pour de vrai. Le fait est que ses œuvres ont mieux survécu que d’autres, et sont devenues les premières sources connues de mots qui étaient probablement présents dans des œuvres antérieures qui ne nous sont pas arrivées.

Quoi qu’il en soit, il est une vraie balise pour la littérature et la langue anglaise dans son entier. En temps qu’écrivain du 21e siècle, ayant souvent recours au pastiche et à des moyens postmodernistes tels que la contrainte ou le « à la manière de », écrire comme le faisait Shakespeare n’est-il pas une manière de contourner l’époque ?

AP : Cette terrible ère de décadence [rires] ? Stephen Greenblatt, qui est un immense spécialiste de Shakespeare, a dit de mon roman qu’il contenait tous les éléments d’une pièce de Shakespeare, ses tics, sa grammaire, ses patterns, ses rythmes, sauf son génie. Et je me suis dit : quid de mon génie à moi ? Une partie de ce projet a à voir avec un défi égotiste pour qu’on s’intéresse à moi et pour satisfaire une tendance nostalgique qui ignore totalement les millions de voies inexplorées de la littérature contemporaine. J’imagine que les voies inexplorées par la littérature de l’Angleterre élisabéthaine étaient plus faciles à trouver. En faisant des recherches sur les pratiques théâtrales du temps de Shakespeare et notamment le nombre de personnes qui voyaient ses pièces – entre 2000 et 3000 personnes par représentation à l’époque du Globe dans une Londres de 90 ou 100,000 habitants, ça fait presque un dixième de la population en moins d’une semaine de représentations... d’autant que le théâtre était l’une des très rares formes de spectacle à l’époque… – j’ai réalisé que j’avais des bonnes raisons d’être envieux. Je ne sais pas si ça répond très bien à votre question.

BH : J’ai une question pour toi, Arthur. Combien d’écrivains ont tenté le coup du « fakespeare » [4] dans l’histoire de la littérature anglo-saxonne ?

AP : Il y en a eu beaucoup. J’aime beaucoup le cas de William Henry Ireland au XVIIIème, qui contient une pièce entière et beaucoup de sonnets. Il les a forgés pour son père, qui était un shakespearien fanatique. Malheureusement pour lui, les critiques de l’époque n’ont pas mordu à l’hameçon. On dit que sa pièce, qui a été montée comme une vraie pièce de Shakespeare, a été huée par le public qui s’en serait rendu compte. C’est faux : les critiques avaient déjà assassiné sa réputation. Ireland a fait amende honorable par écrit, mais son père a refusé de le croire. Il refusait d’admettre l’admission de son fils. C’est très émouvant.

BH : Tu as écrit la pièce avant l’introduction. Ce que je trouve très étonnant et très émouvant aussi, c’est la manière dont tu démolis ton propre prodige dans cette partie mémoire.

AP : La raison en est avant tout pratique. J’ai écrit une première version de la pièce, je me suis retrouvé avec ce faux Shakespeare dont je ne pouvais rien faire : quel éditeur éditerait une fausse pièce de Shakespeare notoire ? Il a fallu que j’imagine un conteneur. Mon rêve était que mes lecteurs lisent mon faux après avoir baissé leur bouclier. Souligner le faux était suicidaire : les gens pensent que c’est vain et que l’écrivain qui a commis le sacrilège est un trou du cul. J’ai imaginé un stratagème pour calmer à l’avance leur colère et leur opinion sur l’arrogance de mon geste, puis lever suffisamment de questions chez eux pour qu’ils aient envie de le lire – et de douter – malgré tout. Je souhaitais leur donner l’opportunité de se faire blouser, puis dans un second temps, éventuellement, d’apprécier ou ne pas apprécier leur confusion temporaire. Malheureusement pour les lecteurs français, ils ne sont plus concernés. Ils peuvent apprécier ce doute à distance, par procuration en quelque sorte.

BH : Les lecteurs français sont tous conquis d’avance.

William

William

Arthur, vous avez envisagé un moment faire forger un véritable in-folio de la pièce et le perdre dans la nature avant de publier le roman. Pourquoi y avez-vous finalement renoncé ? Mentionnant une série de représentations de la pièce avec Errol Flynn dans le rôle d’Arthur, votre doppelgänger demande au lecteur de ne pas la « googler ». Avec Internet, le canular était perdu d’avance ?

AP : La quantité de travail à fournir pour monter un canular de cette ampleur est colossale. Je suis trop flemmard, je crois, pour le mener à bien. Rien que l’image de couverture qui est reproduite dans le livre a demandé un travail énorme de recherche à mon ami typographe qui l’a réalisée. Et après 25 versions, elle est encore trop « parfaite » pour être totalement crédible. On ne parle que d’une page de garde : à l’échelle d’un livre entier, imprimé qui plus est, c’est totalement impossible à réaliser. Impossible. J’avais juste suffisamment d’énergie pour écrire une fausse pièce de Shakespeare. 

On pense à Wyatt Gwyon, dans Les Reconnaissances de William Gaddis, qui réalise des originaux de maîtres flamands.

AP : C’est une œuvre de fiction. Et ça parle d’une époque où les faits douteux n’étaient pas proposés à l’œil de centaines de milliers de scrutateurs potentiels sur Internet. J’ai travaillé avec énormément de sources différentes, notamment des sources sur internet – l’OED en ligne, notamment. Et malgré les heures que j’ai passé à forger mon faux, il m’arrive encore qu’on me signale des erreurs. Récemment, j’ai reçu un message d’un capitaine de sous-marin nucléaire à la retraite de la US Navy qui occupe sa retraite à répertorier toutes les références à l’argent et aux devises dans les pièces de Shakespeare. Il a corrigé mon usage des mots « currency » et « value ». L’édition paperback du livre contiendra donc les corrections de ce monsieur.

BH : Une question très « gaddissienne » ou « borgèsienne » que je me posais : à ton avis, que penseront les critiques de dans 50 ans de ton livre, sachant que leur Shakespeare n’aura sûrement plus rien à voir avec le nôtre ?

AP : Très bonne question. Je suis très conscient que l’époque détermine grandement notre rapport aux œuvres.

Chaque époque a ses pièces de Shakespeare favorites.

AP : L’une de mes pièces préférées de Shakespeare est King John [5], qui est aujourd’hui très déconsidérée. Pourtant, dans son journal, Jane Austen raconte à quel point elle est déçue qu’une représentation de la pièce soit remplacée par Macbeth. Dans les notes de bas de page des éditions complètes de Shakespeare, on la traite d’idiote et de philistine pour avoir écrit ça. A l’époque de Shakespeare, il y avait des dizaines d’auteurs considérés comme plus divertissants. On en connaît aujourd’hui à peine deux autres chez les universitaires [6] mais tout le monde s’en fout. Le fait est qu’on nous apprend à déconsidérer Johnson, John Fletcher ou Francis Beaumont, à les trouver « pas à la hauteur » du Barde : leurs personnages sont bizarres, les situations ne sont pas crédibles… Shakespeare nous pousse à aimer Shakespeare, et à moins aimer tout le reste. Y compris les écrivains contemporains. Je crois que la seule alternative qui nous reste, c’est de vénérer Thomas Watson. La légende dit qu’il était le plus grand auteur de tragédie du 16e siècle, le double tragique de Shakespeare. Le seul souci, c’est qu’il ne nous reste aucune pièce de lui. J’ai donc choisi qu’il était mon auteur préféré. Avec lui, on ne peut pas se tromper.

 

Notes

[1] pour alternative reality game

[2] nous réalisons l’entretien en Anglais

[3] Phillips a habité un temps en Hongrie

[4] les pièces « apocryphes » du Barde

[5] Le Roi Jean

[6] Ben Johnson et Christopher Marlowe