Tourner en rond, perdu, et remercier les morts

par Guillaume Contré

Suite à la parution l’année dernière de Quoi faire [Le grand os, 2014], que quelques bons lecteurs n’auront pas manqué de remarquer et que nous avions évoqué dans ces colonnes, voici que les pérégrinations francophones de l’argentin Pablo Katchadjian se poursuivent, avec la publication de son deuxième roman, Merci, pour le compte cette fois d’une nouvelle maison belge de qualité, Vies Parallèles. Un livre tout bonnement extraordinaire.

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AuthorGuillaume Contré
Categoriesentretiens

Portrait de Pavić suivi d’un « Autoportrait »

par Antonio Werli

Romancier, poète, critique, académicien, écrivain énorme & hors normes, Milorad Pavić (né à Belgrade le 15 octobre 1929 et mort le lundi 30 novembre 2009) est l’une des plus importantes figures intellectuelles de son pays, et à mon sens, il fait partie des incontournables inventeurs du XXe siècle.

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AuthorAntonio Werli
Categoriescritiques

Nouvelles mésaventures d'un capitaine

par Pierre Pigot

Pas loin d’une décennie après Fragments de Lichtenberg, Pierre Senges récidive donc avec un opus magnum qu’on n’osait plus attendre tel, où le capitaine Achab, réchappé aussi bien de son roman d’origine que de sa conclusion funeste, vagabonde le long de lignes temporelles défiant toute vraisemblance, avant comme après l’épiphanie de la baleine blanche.

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AuthorPierre Pigot
Categoriescritiques

Il n'y pas que Proust qui en fait l'air de rien ou Christine Angot qui y répond en faisant croire qu'elle s'en fout. Cette semaine on vous pose les questions du QFFC. C'est open bar.

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AuthorLe Fric Frac Club
Categoriesentretiens
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De la futilité d'écrire (mais de continuer malgré tout)

par Fernando Sdrigotti

L'écriture me semble inutile et impossible à justifier de façon raisonnable. À moins de voir ça comme un hobby. Une façon de passer le temps. Si je devais donner un conseil d’écriture à quelqu'un voilà ce que je lui dirais : Marchez dans n’importe quelle gigantesque librairie et demandez-vous si vous pouvez supporter d’être un nom de plus perdu dans ce désert de mots. Si cette situation vous est intolérable alors faites autre chose.

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AuthorFernando Sdrigotti
Categoriesopinion, essai
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Du salon de monsieur Moix

par Pierre Pigot

Désormais, chaque samedi, dans une lucarne qui n’a depuis longtemps plus rien de magique, Yann Moix tient salon. Peu importent le majordome normand qui passe les plats de la rigolade poujadiste, ou la dame libanaise qui à ses côtés tente maladroitement d’ajouter quelques arguments – dès la première, c’est lui qui occupe tout l’espace de la discussion, oriente les débats, ponctue n’importe quel objet d’une citation bien amenée, dose la bassesse et l’éloge, la vulgarité et la pyrotechnie factice, en artiste consommé de sa propre image. Rien de ce que ses adversaires ne connaissent déjà du personnage, donc – et à apprendre que Michel Houellebecq et Christine Angot étaient ses premiers invités littéraires, il y avait de quoi faire frémir les plus réfractaires comme devant une impiété manifeste.

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AuthorPierre Pigot
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Un pur moment américain

par Lazare Bruyant

Arrêtez vos âneries : Mentir à perdre haleine n’est pas un livre sur James Hogue ou le long calendrier de ses manipulations. Ça n’est même pas un livre sur le mensonge. Mentir à perdre haleine est une enquête sur l’âme américaine et les fondations lyriques de son histoire. 

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AuthorLazare Bruyant
Categoriescritiques

Le Questionnaire du Fric Frac Club

David Samuels est éditeur chez Harper's et contribue aussi au New Yorker et à The Atlantic. Il fait partie de cette grande lignée d'auteurs/journalistes américains pour qui les teintes de la narration sont aussi vastes que le monde qu'elles sillonnent. À l'instar d'un John Jeremiah Sullivan ou d'un George Parker, David Samuels dessine un portrait en creux de l'Amérique et de ses outsiders. Mentir à perdre haleine est son premier ouvrage traduit en France. En attendant la sortie l'année prochaine de Only Love Can Break Your Heart, son recueil d'articles (toujours aux excellentes Éditions du sous sol), David Samuels a accepté de répondre au Questionnaire du FFC.

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AuthorLe Fric Frac Club
Categoriesentretiens

Mise au point ou Casse-Dogme

par René Daumal & Roger Gilbert-Lecomte

Si les dogmes sont des formes de la pensée, la pensée universelle, qui est la vérité de tous les dogmes, est une négation de tous les dogmes. Et nécessairement notre pensée, qui veut être la pensée, doit remplir une fonction de casse-dogmes.

L’aventure selon Lafargue

par Antonio Werli

On dirait que Lafargue n’a pas oublié les leçons d’un Stevenson, d’un Poe ou d’un Hugo — précision dans les détails techniques, violence et crudité des images, mystères en suspension, un style riche et ciselé, quelquefois à la limite de la préciosité —, la mer porte aux élans et aux histoires, et c’est ce à quoi l’auteur convie son lecteur, au territoire Auriaba.

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AuthorAntonio Werli
Categoriescritiques

Black Hole

par Lazare Bruyant

C’est franchement la galère pour trouver deux pauvres anecdotes sur Ričardas Gavelis que l’auto-correcteur de mon Mac, lacondesarace, ne cesse de vouloir épeler « Javelles ». Sa page wikipedia ressemble à un sachet de thé, Google nous montre tout juste qu’il aurait pu faire une doublure-cascade crédible de Pornstache Mendez et, au final, le mieux que vous puissiez trouver se cache dans le premier pli de la satrapiesque couverture illustrée par Zeina Abirached. Là, on apprend que Gavelis a été physicien, puis journaliste, qu’il a écrit pas mal de nouvelles et six romans dont un monolithe noir que Dominique Bordes a débusqué dans un chapeau à lapins. Autant que vous le sachiez tout de suite, Vilnius Poker est un grand livre sorti de nulle part. 

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AuthorLazare Bruyant

La peur et son sourire

par Martin Hervé

Alice au pays de l’hypocondrie, l’auteure française Claire Legendre est plus proche de l’homme aux rats allongé sur le divan de Freud que de la petite fille aux araignées de Gudule. C’est en tout cas de la sorte qu’elle se découvre dans Le nénuphar et l’araignée, son dernier récit autofictionnel et réflexif publié aux Allusifs, un catalogage précis, presque obsessionnel, de ses peurs et de ses phobies. Du pire elle n’oublie rien et se livre sans emphase, mais avec une certaine dose de bienveillance moqueuse, à une séance d’anatomie névrotique.

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AuthorMartin Hervé
Categoriescritiques

Garde contre

par Garp

Le premier coup de bélier ébranla jusqu’au plus infime des composants de la structure. Un choc sourd, sonore, venu de nulle part autant que de partout, dont la violence propagea une onde d’effroi, amplifiée par la soudaineté de l’attaque. Un assaut d’une force monstre, en une scène figée dans une seconde sans fin, tandis que, lentement, la fissure du doute lézardait le blindage de sa certitude d’être prêt à tout, avec un crissement de tag tracé au cutter, arasant le béton armé de son entraînement en une plaie dont les lèvres ne demandaient qu’à béer en fracture. Réflexe/flash : agis !

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AuthorGarp
Categoriesfictions

L’hystérie interminable

par Rodrigo Fresán

S’il y a bien un jour plus exceptionnel que celui où l’on entame, ému, un nouveau roman de Thomas Pynchon, c’est précisément celui où l’on achève — ému ? — un roman de Thomas Pynchon, qui a cessé d’être nouveau pour devenir autre chose.

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AuthorRodrigo Fresán
Categoriescritiques, V.O.

Une alchimie de la lumière

par Julien Schuh

Ce qui fascine dans ce roman, c’est moins la dextérité digressive de Pynchon que sa capacité à créer une réalité alternative dans laquelle les éléments que nous connaissons de l’Histoire — le roman se déroule « entre l’Exposition Universelle de Chicago de 1893 et les années qui suivent immédiatement la Première Guerre Mondiale » — forment une sorte de strate de cohérence supérieure qui fait de la belle époque une civilisation en soi, non pas une civilisation géographique, mais une civilisation temporelle.

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AuthorJulien Schuh
Categoriescritiques, V.O.

Entre les lignes

par Claro

Mason & Dixon est une de ces lectures qui invitent le lecteur à un étrange redoublement : devenir soi-même une autre espèce de Mason ou de Dixon et aborder le roman un peu comme les deux géomètres se coltinent à l’Amérique : munis d’une règle et d’un compas, avec en tête un projet somme toute assez simple : traverser ce territoire inconnu d’un bout à l’autre, lire d’est en ouest, sans tomber dans un précipice ni se noyer ni se faire clouer à des poteaux de torture.

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AuthorClaro
Categoriescritiques, V.O.

The Funny Tom Show

par Pierre Pigot

Une fois qu’on a évoqué autour de Thomas Pynchon l’anonymat, l’histoire, la paranoïa, la multiplicité, la science, le pouvoir, la violence, le luddisme, le complot, la mélancolie, tout ça sans oublier la pure beauté de la plus magnificente des proses de notre temps, on a encore oublié de parler de l’humour de Pynchon.

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AuthorPierre Pigot
Categoriescritiques, V.O.

Paraboles et lignes droits

par Marc Courtieu

Thomas Pynchon, inlassable quêteur de la mythique wilderness américaine… Il situe carrément le récit de Mason & Dixon à l’époque héroïque, entreprenant de réécrire l’histoire des pionniers, plongeant dans le passé pour restituer à la conquête de l’espace américain sa force et sa dimension presque cosmiques, pour tenter d’atteindre à une totalité compréhensive de la réalité et des événements qui la composent.

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AuthorMarc Courtieu
Categoriescritiques, V.O.

L’incipit de Mason & Dixon : l’arc-en-ciel de la création

par Gilles Chamerois

Snow-Balls have flown their Arcs. Dès ces premiers mots, Mason & Dixon est placé sous le signe de l’après-coup et de tous ses paradoxes, qui sont aussi ceux de l’Histoire, et ne serait-ce qu’en cela le roman est bien un roman historique. « La chouette de Minerve prend son envol au crépuscule », disait Hegel, s’envole une fois l’événement clos, et à partir des seules traces doit redonner vie à un mouvement qui ne fut qu’évanescent, et qui a disparu pour toujours.

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AuthorGilles Chamerois
Categoriescritiques, V.O.