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Un grain de sable

Frederik Peeters et Pierre Oscar Lévy - Château de sable (Atrabile - 2010)

vendredi 22 octobre 2010, par Lazare Bruyant

 
Faisons un peu du lourd, du qui pète comme il faut, du qui fait converger des centaines de clics avides de savoir de quoi parle le dernier Trucmachinchose. Fut un temps, pas si lointain, j’aurais juste utilisé des combinaisons de mots du genre « sex » « hot chicks » & « sodomie » dans mon titre afin de provoquer l’amour glouton des moteurs de recherche. Relativisons tout de même sur l’attraction massive que pourrait provoquer un papier sur Frederik Peeters & Pierre Oscar Levy. On ne pas peut dire que les deux gus soient deux golden boys de la bulle sur le point de vendre des hecto palettes de leurs albums au Leclerc du coin, non, mais bon, Peeters, depuis Lupus, Pilules Bleues & Ruminations, n’a plus besoin de personne pour montrer ses biscoteaux au « microcosme ». Quant à Lévy, si c’est là son premier scénario BD, le bonhomme a un joli CV dans le milieu du documentaire & du court métrage (palme d’or du court-métrage en 83). Château de sable arrive donc avec une petite odeur de succès attendu. Oui mais voilà, à mon humble avis, c’est un livre presque (presque) raté.
 


Ça s’ouvre sur un découpage judicieux qui ne révèle véritablement ses intentions que lors d’une relecture (il en faudrait encore une ou deux de plus, mais on y reviendra). Sans le savoir, on a déjà tout le mécanisme diabolique du récit de Levy sous les yeux en quelques cases savamment cadrées : un homme, arabe, se réveille dans une crique séparée de la mer par un boyau sous-marin, apparemment il a passé la nuit à la belle étoile. Il fait son sac & s’apprête à quitter les lieux lorsqu’il aperçoit une jeune femme se dirigeant vers la plage. La tension de la césure graphique de Peeters est comac. La jeune femme plonge dans l’eau. L’homme la regarde & il passe quelque chose de très curieux dans ses yeux – ce n’est pas un voyeur : il hésite. Il ne bouge pas, reste sur le chemin, le corps à moitié tourné, prêt à partir & pourtant ses yeux sont rivés sur la jeune femme. Une série alternée entre la baigneuse & son visage se finit sur une case qui prend toute sa dimension à rebours : on voit le visage de l’homme, les yeux baissés. Il est résigné. Bien sûr il faut lire une première fois Château de sable pour comprendre ce qui se joue dans ces premières cases. Mais la chose démarre vraiment avec le peuplement estival de la crique. Une première famille arrive, suivie très vite par une seconde. Étrangement, l’homme sur le départ « n’a pas pu s’en aller » & reste dans son coin. Sur la plage on fait des pâtés, on marque son territoire, on se baigne. Tout va bien jusqu’à ce que le cadavre de la jeune baigneuse entre en scène. Pendant une microseconde le spectre d’un Agatha Christie de plage pointe le bout de son nez avec, dans le rôle du bouc-émissaire millénaire & inusable, l’étranger de service. Mais c’est pour la frime. Par contre, un interrupteur vient d’être enclenché car même si le système a déjà commencé à se mettre en place par dissémination depuis les première pages c’est bien à partir de ce point exact que le récit se dégage de toute responsabilité de vraisemblance vis-à-vis du lecteur, chose qui n’aurait posé aucun problème si Lévy avait eu la patience de verrouiller les alentours de son scénario.
 


Assez rapidement le fait que la crique soit « aussi » séparée de la réalité par une sorte de champ magnétique à l’intérieur duquel le temps passe à une vitesse alarmante devient une évidence (l’idée n’est pas vraiment originale, on a vu un peu le même procédé ailleurs, notamment dans le Spin de Wilson - François dirait certainement, puisqu’on en est aux déclarations d’amour intertextuelles, qu’un grec l’a fait en premier & il aura sans doute raison... surtout que ce genre d’exercice généalogique demeure sans fin : que serait Inception & toute la clique de films matriochkas des années 2000 sans Calderón de la Barca ? Mais bon, glissons...). Une vitesse alarmante disions nous... Les enfants grandissent jusqu’à devenir de jeunes adultes en une journée, la grand-mère ne tient que le temps de découvrir le cadavre de la baigneuse & puis s’en va. Les autres commencent à comprendre ce qui va signifier la fin de la journée. L’intrigue prolifère & c’est plutôt efficace. Bien. Mon petit grain de sable à moi se trouve lové dans la facilité avec laquelle Lévy occulte tous ces micro détails qui fondent la cohérence d’une histoire. Il n’est même plus question, ici, de passer un « contrat » avec le lecteur sur les différents aspects« improbables » de son histoire mais de balayer d’un revers les aspérités gênantes que pourrait poser un tel artifice. Les personnages assimilent le phénomène extraordinaire auquel ils sont confrontés comme si il s’était agi d’un « simple » détail. Hors ça ne l’est pas. C’est juste le trou noir qui aspire tout le livre par le centre. A plusieurs reprises Lévy lance des pistes mystérieuses dans le but, dirait on, d’enfumer ses pages. Pourquoi pas ? Mais jamais il ne donne le début d’une idée de réponse. Non pas qu’il en faille obligatoirement une, mais ici cela donne parfois l’apparence d’une astuce forcée qui prend trop de place : passons sur l’origine du champs de force mais quid de ce mystérieux personnage qui surveille la crique & tire sur tout ce qui s’approche d’un peu trop près ? ... qu’est ce que José, le fils de l’hôtelier vient foutre dans le coin ? quelle est la signification de la scène de la fusillade ? … qu’est ce que c’est que cet auteur de SF qui débarque à la plage en costume, cartable en cuir à la main (une mise en abîme maladroite de l’idée du fantastique ou le seul indice donné par Levy qui laisse entendre, par l’intermédiaire de son personnage, que tout ceci ne serait qu’une expérience afin d’observer les réactions des cobayes. Ce à quoi le vieux facho de l’histoire s’empresse de répondre : « Avec ça vous disculpez l’arabe & vous oubliez d’expliquer pourquoi on vieillit en accéléré ! » ce qui est vrai... en tout cas pour la deuxième partie de la proposition) ?... etc etc...
 


Néanmoins la lecture elliptique à l’excès de Château de sable ne saurait gâcher le trait de Peeters que l’on pourra qualifier, sans trop lui faire offense, de blutchien, un blutchien plus sobre que Craig Thompson (Blankets refusé par l’Association pour cette raison, entre autre). Rien n’est plus beau que ces corps qui évoluent de case en case, que ces coupes, ces détails en clair obscur qui transforment le livre en cahier d’esquisses. Études du corps tout au long de sa vie. Paradoxalement c’est le sujet de l’histoire & son approche un peu bancale qui libère le dessin. En presque cent pages Peeters visite tous les âges, toutes les statures anatomiques jusqu’au stade ultime de la disparition, & le véritable enjeu de Château de sable est bien là qui parle de la mort, des traces qu’elle applique sur nous avant qu’il n’y en ait plus du tout, de la façon dont chacun a de l’accepter, ou pas. La petite parabole racontée par un des personnages, à la façon de l’allégorie de la Justice dans Le Procès de Kafka, propose une clé à l’affaire non pas en forme de rédemption, mais bien de consolation, de résignation, ce que le regard baissé de l’ouverture disait déjà. Il n’y aura pas de sortie de secours, pas d’échappatoire possible. Un château de sable est dans l’acceptation commune une structure inutile vouée à la disparition. L’inévitable porte bien son nom. Les dernières pages sont on ne peut plus claires.

Finalement par où prendre le machin sans trop lui tirer dans les pattes ? Car il ne le mérite pas. Alors que je relis ces pages étranges pour la troisième fois je me dis que j’ai été bien trop sévère mais que l’embarras demeure. Car Château de sable est un livre magnifique &, quelque part, sans doute aussi un peu manqué.
 
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Illustrations : tiré de la couverture Frederik Peeters (prise ici). L’autre est une reprise de ce dessin... à l’envers.
L’illustration centrale est un cliché pris par Pierre Oscar Lévy d’un dessin de Frederick Peeters.

9 Messages de forum

  • Un grain de sable 22 octobre 2010 11:16, par Pierre Oscar Lévy

    Cher Lézard Atone, Je me permets de vous répondre, pour vous aider un peu dans votre quête de vérité. Souvent au football, les supporters discutent pendant des heures, ils ont vécu le match. Les spectateurs de mes films viennent quelquefois me dirent que j’aurais tout de même pu faire l’effort de mettre un commentaire, comme d’habitude, que le film est mal fait parce qu’il ne ressemble pas aux autres. La réponse qui me vient c’est toujours : vous allez le droit de penser que mon film est mal fait, mais pourquoi vous ne me faites pas confiance... Si je n’ai pas mis de commentaire, c’est parce que j’ai travaillé et que j’ai pensé qu’il ne fallait pas en mettre un. Dans cet article -il n’est pas de bon ton quand on est auteur de répondre à une critique, mais je n’ai pas de bon ton- il y a cette même demande de commentaire. Mais pourquoi ? Y a t-il ou non un homme qui surveille ? Un des personnages le dit, mais pourquoi ? Le petit garçon de l’hôtel n’a pas vieilli ? mais pourquoi ? Je ne vais pas répondre, parce qu’il n’y a pas à discuter d’une histoire dans ces détails dans une critique. C’est tout de même gâcher le plaisir du lecteur que de raconter autant de choses ? Non ? Pourquoi vous ne faites pas votre travail de critique ? Un lecteur de ce papier ne peut vous faire confiance. Vous faites un billet d’humeur, vous révélez un tas de choses, vous répétez et vous le faites mal. En fait ce billet, c’est un peu de la contre-façon vous écrivez notre histoire à votre façon. Faites nous confiance, nous avons travaillé. Fred, bien plus que moi. J’ai toutes les explications, toutes les mesures, toutes les analyses, tout ce qui est nécessaire est dans le récit. Parce que le récit est raconté du point de vue des protagonistes, moi, vous nous tous enfermés dans cette petite plage sans comprendre le grand drame qui se passe autour de nous. Au lieu de penser que c’est moi qui n’ai pas travaillé, vous devriez travailler un peu plus vos papiers : une critique ce n’est pas de recopier, de répéter comme un perroquet l’histoire, une critique ce devrait être une analyse du récit en dévoilant un minimum. Heureusement comme vous le dites vous-mêmes Château de Sable, comme tout bon film, cela se regarde plus d’une fois, et à chaque fois grâce au magnifique travail de Fred, on découvre de nouvelles choses. Bonne Lecture.

    Voir en ligne : Un grain de sable 22 octobre, par Lazare Bruyant

  • Un grain de sable 22 octobre 2010 11:22, par Pierre Oscar Lévy

    Juste une dernière chose, vous dites que l’illustration est de Peeters, mais si le dessin du crâne a été effectivement réalisé par Fred, sur le mur de la Galerie Upian, il s’agit d’une photo que j’ai faite moi-même. Le dessin en couleurs qui illustre l’article est un cadrage tiré de la couverture - donc ce n’est pas respectueux du travail de Fred. L’autre est une reprise de ce dessin à l’envers, cela devient donc une création, ou une contre-façon de l’auteur de l’article. J’aime bien être précis, parce que c’est amusant. Bonne Lecture

    Voir en ligne : Un grain de sable

  • Un grain de sable 22 octobre 2010 15:19, par Lazare Bruyant

    Cher Pierre Oscar Lévy,

    Vous êtes là & j’en suis à ma cinquième lecture de Château de Sable & le sentiment que j’en garde reste quelque chose d’éminemment positif... je l’ai fait lire à tour de bras autour de moi (vous me « devez » cinq ou six ventes d’ailleurs & bien plus j’espère) pour avoir des avis supplémentaires sur la question. Votre livre me hante & mon appréciation à son sujet évolue sans cesse. Mais ma façon d’en parler ne vous plaît pas, le vois bien. Eh bien tant pis. Qu’est ce que je peux bien y faire ? Je ne vais me regarder les genoux parce qu’essayer de comprendre ce que l’on a sous les yeux risquerait de trahir, de fâcher l’auteur. « Faites correctement votre boulot » dites vous en substance... qu’est ce que ça veut dire ? Me laisser porter par la lecture sans chercher à relever les choses qui m’ont gêné ? Faire semblant qu’il ne s’est rien passé ? Vous faire plaisir en disant que vous avez fait là quelque chose d’admirable & basta ? Je suis certain que vous avez assez d’amis & de parasites autour de vous pour s’en charger. La seule chose que je peux vous abandonner au sujet de mon papier c’est son aspect décousu, mal foutu, brouillon & le fait que je ne suis pas parvenu à dire ce que je ressentais de manière assez précise. Pour le reste...

    Vous êtes vexé, quoi de plus normal lorsque l’on a travaillé sans relâche sur une histoire & que le premier pékin armé d’une Livebox débarque sans égard pour tout souiller. Je comprends parfaitement votre réaction mais je suis désolé ça n’est pas assez. Vous déplorez le fait que je « dévoile » l’histoire, que je fais une contre-façon de votre travail. Sincèrement, je ne crois pas. Rien de ce que je raconte ne pourrait gâcher de quelque façon que ce soit l’histoire. Je parle du petit José, je parle de la fusillade, d’autres choses encore mais la personne qui lit mon article sans avoir ouvert votre livre ne sait pas de quoi il s’agit, ces remarques s’adressent, de manière quasi discriminatoire, à ceux qui sont déjà sortis de la crique sains & saufs. Comme je vous l’ai dit j’en suis à ma cinquième lecture & c’est toujours avec le même intérêt.

    J’écris cette réponse avec l’idée de m’expliquer le plus calmement possible mais au fur & à mesure que je relis votre commentaire j’ai les doigts qui tremblent. Vous mélangez tout & ne voyez pas ce qui m’anime lorsque je parle de votre travail... Faut-il que je dise que votre livre est magnifique sans dire pourquoi ? Quel est l’intérêt ? J’ai l’impression que vous vous êtes mis dans la tête que je n’avais rien compris à votre idée & que la seule chose que j’ai retenu de tout ceci sont ces « pourquoi ? mais pourquoi ? ». C’est tout simplement absurde. Il y a des éléments dans votre histoire que je trouve embarrassants notamment au sujets des personnages. Leurs réactions sont tout simplement... inhumaines au sens où personne, personne ne réagirait comme ils le font... plus précisément la façon qu’ils ont de réagir me glace. L’histoire est écrite de leur point de vue , du mien, du nôtres, dites vous, mais j’ai eu l’impression qu’il n’y avait que moi pour trouver cette situation étrange & angoissante. Vous ouvrez un trou noir & êtes surpris que l’on plonge dedans la tête la première. Je me pose des questions sur votre travail & ça vous gêne ??? C’est quoi pour vous « faire son travail de critique » ? Sortir une notice de deux lignes sans rien dire des enjeux du livre histoire de garder le suspens ? Faire une promotion débile tirée d’un dossier de presse aimablement envoyé par l’éditeur & applaudir bien sagement sans (se)poser de questions de peur de vexer l’Auteur, de polluer le geste ? Un demi paragraphe comme l’ont fait les vrais journalistes de BoDoï aurait mieux convenu ? Vous croyez que je torche mes papiers en lisant deux lignes à la va-vite ? Vous croyez que je n’essaie pas de comprendre les intentions qui sont les vôtres ? Vous pensez que j’aurais gâché ne serait ce qu’une seule seconde de mon temps pour parler de votre histoire si elle ne m’avait pas happée ? Comment pouvez vous être si hautain & condescendant envers les personnes qui vous lisent ? Vous ressemblez à ces enfants qui ne prêtent jamais leur jouet. « ... une critique ce n’est pas de recopier, de répéter comme un perroquet l’histoire, une critique ce devrait être une analyse du récit en dévoilant un minimum » Recopier quoi ? Répéter quoi ? « Dévoiler un minimum m » pour éviter de parler du reste ? On ne dit rien. Tout est dit & le mystère reste intacte. Comment parler de Château de sable sans parler de ce qui s’y joue, de la mort, du reste ? L’histoire, à mon atone avis, ne fonctionne pas de manière à arriver à une chute finale (même si elle existe & continue de me bouleverser d’ailleurs) mais plutôt comme une longue prolifération, comme un pressentiment tendu qui ne fait que s’aggraver, la compréhension douloureuse d’un état inexorable. Je savais de quoi parlait votre BD avant de l’acheter (les services de presse sont réservés aux vrais journalistes, ces mêmes personnes qui sont capables de pondre un papier de qualité toutes les semaines sans en être surpris) & rien de cela ne m’a privé des surprises qui s’y cachent. Mon papier ne va pas dans votre sens, donc c’est le non papier d’une non lecture, c’est ça ? Mais je ne vous dois rien. Argumentez comme vous en faites la demande si justement au lieu de pleurnicher d’indignation & de faire des démonstrations définitives auxquelles il est impossible de répondre. « C’est Moi l’auteur c’est Moi qui sait »... alors si vous savez, tout va bien ? Les gens qui lisent vos histoires sont toujours en suspend. Combien de "bons" papiers seront écrits par un gars qui n’aura même pas passé un quart d’heure dans votre livre ? J’en suis à ma cinquième lecture, c’est vous qui m’obligez à le répéter, mais croyez vous que ça soit assez pour avoir le droit d’en parler ? Vous avez pris trois phrases dans un texte de 7569 signes, trois phrases qui parlaient de vous en osant émettre une opinion & en avez fait une nouvelle démonstration de l’incurie du stupide lecteur qui cherche à comprendre... Faites votre travail de scénariste, venez discutez, vous chamailler avec moi de manière honnête sur des points de désaccord concrets mais gardez vos leçons de journalisme en papier mâché pour vous. Ce que j’ai écris je le pense. Chaque mot. La contre-façon dont vous parlez est un effort intellectuel que votre susceptibilité ne vous aura même pas accordé. Château de sable est un livre MAGNIFIQUE (il est magnifique pour son dessin MAIS AUSSI pour son écriture... je parle de vous là) mais aussi un peu manqué. Combien de chef-d’œuvre ont la patte folle ? Vous savez c’est un peu comme passez la plus belle journée de sa vie avec une poussière dans l’œil. On a eu beau cligner & se gratter toute le jour c’était quand même inoubliable. Il se pourrait que je retourne à la plage très bientôt. Bien à vous.

    PS : merci pour les précisions de votre deuxième commentaire, c’est en effet important d’être précis lorsque l’on évoque le travail de quelqu’un. PS2 : « Lézard Atone »... pfff... j’ai un oncle qui fait ce genre de calembours, c’est souvent après qu’il ait trop bu.

    • comment vas-tu-yau de poêle ? 23 octobre 2010 22:13, par Frederik Peeters

      Oui, Pierre Oscar a un petit Laurent Ruquier au fond de lui, qui émerge parfois à coup de calembours foireux. Mais je l’aime pour ça (Pierre Oscar, hein, pas Ruquier...). Et j’aime aussi monsieur Lézard. Lu cinq fois l’album ?! La vache. Je me demande si moi-même je l’ai autant lu ! Et l’idée de la patte folle me plaît bien. Les livres parfaits me glacent souvent le sang. Et là, malgré tout, votre sang à vous, je sens que nous avons réussi à le fouetter, et c’est déjà une belle victoire A bas les livres mous, vive les critiques dures. Paix et amour les amis, ne soyez pas si soupe au lait.

    • Un grain de sable 26 octobre 2010 22:43, par Pierre Oscar Lévy

      Cher tais-toi et marche, Je ne suis absolument pas vexé, mais alors pas du tout... Et si vous me connaissiez, vous sauriez que celui qui me vexera, n’est pas... Enfin - il ne faut jurer de rien. Non j’avais envie de faire un billet sur la critique. Vous avez lu tellement de fois le volume que je me dois de suivre les recommandations de mon camarade Fred... Faisons la paix, si vous le voulez bien... Mais avant tout de même.... Zut je recommence.... Mon cher Austerlitz gueulard, ce que j’aimerais lire dans une critique c’est des analyses, des explications, des références, des digressions. Merci de ne pas raconter l’histoire, ce n’est pas parce que vous avez eu le plaisir (si si je vois bien que vous avez eu du plaisir) de lire avant tout le monde qu’il faut vous servir de cette avance, pour raconter l’histoire... Quand aux choses que vous n’aimez pas, c’est juste parce que vous ne vous êtes pas fait confiance... Tous ces éléments non expliqués disent pourtant un certain nombre de choses que vous avez parfaitement compris... et qui suffisent au "message" de cette histoire... Reprenons donc cet ouvrage - cent fois sur le métier - et parlez moi du mode narratif dans votre critique, j’ai réalisé une description du travail de Jean Renoir pour la Régle du jeu, je décris, avec jean Douchet, dans le supplément dvd, comment Renoir n’utilise que de la musique "objective" ou les différentes manières dont les acteurs jouent. Ici pour notre petite oeuvre, vous pourriez noter comment la mesure du temps ou des tailles est mise en scène sans pour autant dévoiler le pot au rose. Décrire la merveilleuse manière dont Fred établit le découpage, en vous intéressant à la qualité des silences dans les cases du sieur Peeters. Faire la chasse aux références graphiques, aux fines allusions à l’histoire de l’art auxquels Fred n’a visiblement jamais pensé mais que vous avez réussi à détecter dans son inconscient... Écrire une critique, pas raconter notre histoire. J’ai réalisé une série de films courts qui ont été exposé au Petit Palais pendant un mois (c’est fini) et bien la meilleure critique qui a été écrite (à mon avis) était un texte qui vomissait mon boulot (je ne suis pas d’accord avec tous les arguments du papier, mais j’ai apprécié, en connaisseur, le type d’argumentation, les enchaînements des coups bas, les saloperies de hautes volées... Je n’ai pas été vexé du tout... Voilà cher Saint atone nous vous avons crédité de commentaires nombreux c’est une manière d’être reconnaissant de vos lectures nombreuses et de votre travail. Votre article est bien mieux que ce que vous en dites... Mais svp ne racontez pas l’histoire c’est tout ce que je vous demandais

      Voir en ligne : Un grain de sable

      • Un grain de sable 27 octobre 2010 10:09, par Lazare Bruyant

        Cher Popol,

        Va pour la paix des ménages. Va pour mes largesses maladroites à l’encontre de votre histoire... mais... merde voilà que je m’y mets aussi... mais il me semblait assez compliqué d’attaquer le flanc de votre histoire sans tailler dans le lard. Je suis encore persuadé que ce qui est livré dans l’article ne peut pas gâcher la lecture pleine de surprises de Château de Sable mais je veux bien vous "faire confiance" sur ce point... j’imagine que j’aurais réagi de la même manière en plus. Sinon je dirais que la petite troupe de commentaires dont vous m’avez gratifié (je vous en remercie, ça fait de jolies stats à la fin du mois) vous aura aussi rapporté deux ventes supplémentaires. Ce qui à notre humble niveau (le FFC j’entends) n’est pas si mal. J’aimerais bien avoir quelques retour d’ailleurs. Cher proto-Ruquier, pour finir, je dirais que mon côté "tais-toi & marche" est une réaction sanguine méditerranéenne, que vous ne pouviez prévoir, consécutive au nombre impressionnant de totos qui voudraient nous apprendre à lire & à écrire. Mais nous n’en sommes plus là... Quoiqu’il en soit vous tenez quelque chose de fort avec votre onomastique créatrice. Ne lâchez rien !

        En attendant un nouveau papier sur Château de sable, en attendant de me friter de nouveau avec vous, ce fut un plaisir...

  • Un grain de sable 22 octobre 2010 15:47, par Marylin Rolland

    Dissensus très intéressant, une vraie épiphanie qui m’oblige à faire un commentaire tellement la coïncidence est belle. Voyons nombre 186 autour d’une composition 2738 et nombre 191autour de Georges Perec réunis mais ils ne ne savent pas vraiment parce qu’avec moi il faut sans cesse décoder, la merveille des merveilles étant 238 qui nous relie tous. Je ne vous connais que sur internet Lazare Bruyant et j’ai toujours pensé que votre nom était faux comme on en trouve dans les livres de Bolaño mais peut-être que je me trompe peu importe je ne vous ai jamais, à ma connaissance, rencontré. Je ne vais pas faire l’arbitre j’ai pour l’instant parcouru rapidement -Château de sable- pour la bonne raison que j’ai lu d’abord -Lupus- dont j’ai apprécié le graphisme etc ensuite c’est au tour de Koma sauf que j’attends le numéro 6 parce que comme ça ne sortait pas beaucoup dans une des bibliothèques il n’a pas été commandé... J’ai dû le réserver sur mon réseau bibliothèque indispensable et très précieux. Ce qui veut dire que Lazare écrit sur des BD que l’institution ou une biblio laisse de côté en rognant la série par exemple, difficile de se faire une opinion dans ce cas. POL, je vais t’envoyer 2 images que j’ai travaillées de la vanité exposée à la galerie Since que tu pourras aussi envoyer à Lazare à qui je donne la permission en ce qui concerne cet article de les faire apparaître sur le site FFC, l’une n’est aucunement le négatif de l’autre. Je mets en cette occasion en lien un très beau travail sur ce qu’est voir une image, un tableau et tu m’as bluffée POL (clic sur l’icône Holbein pour ceux qui vont découvrir) l’anamorphose de la Vanité et le travail du son (pour tout), ça vaut le regard et l’écoute. Y’a pas de lézard, tout baigne pour les artistes en ces temps de lutte...Uchronie peut-être ? Anton Voyl = voyelle atone = E = La Disparition Je vous apprécie tous les 2 pour des raisons très différentes.

    Voir en ligne : http://www.snarx-fx.com/index.php/T...

    • Un grain de sable 26 octobre 2010 22:51, par Pierre Oscar Lévy

      Merci Marylin !!!!

  • Un grain de sable 26 octobre 2010 13:17, par Marylin Rolland

    Je rectifie tous les 3 pour des raisons différentes. Véronique Bergen nous rappelle et explique que le jeu d’échecs emprunte une voie dialectique en détruisant alors que le jeu de Go emprunte une voie vitaliste en torsadant la situation ce qui me fait penser à l’ADN et ses multiples combinaisons propres à chacun. Antigone ou Bartleby. Nous, tetramino, avons pris le chemin vitaliste.

    Voir en ligne : http://jeancletmartin.blog.fr/2010/...

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