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		<title>S'enfoncer dans le r&#234;ve en dessous - Shelley Jackson - La m&#233;lancolie de l'anatomie (Jos&#233; Corti, Trad. Bernard Hoepffner - 2010) par Fran&#231;ois Monti, Olivier Lamm </title>
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		<dc:date>2010-02-07T23:14:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Monti, Olivier Lamm</dc:creator>


		<dc:subject>Litt&#233;rature nord-am&#233;ricaine</dc:subject>
		<dc:subject>Shelley Jackson</dc:subject>

		<description>&#171; J'ai enroul&#233; un &#233;cheveau d'herbes autour de mon poing et j'ai observ&#233; les tiges cireuses align&#233;es contre le dos de ma main. C'est &#231;a, le monde r&#233;el, me suis-je dit. Fais y plus attention &#187;. Partie I : Fran&#231;ois Monti Nous sommes plusieurs &#224; &#234;tre tomb&#233;s amoureux de Shelley Jackson &#224; la sortie de Half life, son premier roman traditionnel imprim&#233; sur papier. On pourrait croire que l'Am&#233;ricaine, 46 ans, quelques ann&#233;es de vie commune avec Jonathan Lethem et quelques livres pour enfants au compteur n'est (...)

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&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Cabinet de lectures&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature nord-am&#233;ricaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot370" rel="tag"&gt;Shelley Jackson&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/IMG/arton556.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='100' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:100px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div&gt;&lt;strong&gt;&#171; J'ai enroul&#233; un &#233;cheveau d'herbes autour de mon poing et j'ai observ&#233; les tiges cireuses align&#233;es contre le dos de ma main. C'est &#231;a, le monde r&#233;el, me suis-je dit. Fais y plus attention &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;img width='400' height='301' src=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/IMG/melancholy.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style='height:301px;width:400px;' /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Partie I : Fran&#231;ois Monti&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes plusieurs &#224; &#234;tre tomb&#233;s amoureux de Shelley Jackson &#224; la sortie de &lt;em&gt;Half life&lt;/em&gt;, son premier roman traditionnel imprim&#233; sur papier. On pourrait croire que l'Am&#233;ricaine, 46 ans, quelques ann&#233;es de vie commune avec Jonathan Lethem et quelques livres pour enfants au compteur n'est pas tr&#232;s productive puisqu'elle n'a publi&#233; que deux livres classiques, &lt;em&gt;La M&#233;lancolie de l'Anatomie&lt;/em&gt; dont il est question ici, et &lt;em&gt;Half-Life&lt;/em&gt;, mille-feuilles inclassable et hyperdense dont l'h&#233;ro&#239;ne est une s&#339;ur siamoise (on se rappelle, au passage, que Nabokov avait un projet de roman d'amour au synopsis similaire). Tout au contraire, elle une sorte d'activiste litt&#233;raire tr&#232;s occup&#233;e. En format papier, on lui doit donc des livres pour enfants et des illustrations. Surtout, son entreprise fictionnelle la plus vitale a longtemps eu lieu sur d'autres formats : &lt;em&gt;Patchwork girl&lt;/em&gt;, r&#233;&#233;criture du Frankenstein de Mary Shelley fut publi&#233; en 1995 en CD-ROM, et ce sont les clicks du lecteur qui collent les pi&#232;ces ensembles. Ce travail, salu&#233; par &lt;a href=&quot;http://fricfracclub.com/spip/spip.php?mot36&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(128, 0, 0);&quot;&gt;Robert Coover&lt;/span&gt; &lt;/a&gt;(notamment grand manitou &#224; Brown de l'hypertexte et dont Jackson fut l'&#233;l&#232;ve) a &#233;t&#233; suivi par d'autres. Le plus fameux, apparemment toujours en cours, s'appelle &lt;em&gt;Skin&lt;/em&gt; : une novella dont chaque mot est tatou&#233; sur le corps d'une personne diff&#233;rente (et les mots sont &lt;a href=&quot;http://www.ineradicablestain.com/skinmap.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(128, 0, 0);&quot;&gt;dispers&#233;s&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; dans le monde entier) et qui est irr&#233;m&#233;diablement vou&#233;e &#224; dispara&#238;tre un mot apr&#232;s l'autre (Jackson promet d'essayer de se rendre &#224; l'enterrement de chacun de ces mots). On ne sait &#233;videmment pas si tous les mots auront trouv&#233; preneur avant que le premier d'entre eux ne meure..&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
Vous l'aurez compris : Shelley Jackson n'est pas un auteur classique, et sa pr&#233;sence au catalogue litt&#233;rature am&#233;ricaine de Corti, entre Hawthorne, Thoreau, Irving ou James, peut surprendre. Il y a pourtant une jolie logique &#224; ce que l'&#233;diteur d'une superbe traduction par Benard Hoepffner de &lt;em&gt;L'anatomie de la m&#233;lancolie&lt;/em&gt; de Robert Burton fasse confiance au m&#234;me homme lorsqu'il lui propose cette inversion jacksonienne. Le titre n'est pas qu'un jeu de mots : comme l'annonce la quatri&#232;me de couverture (qui est en fait essentiellement une r&#233;&#233;criture des &lt;a href=&quot;http://www.indiebound.org/author-interviews/jacksonshelley&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(128, 0, 0);&quot;&gt;propos&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; de Jackson dans un entretien d'il y a quelques ann&#233;es), si Burton voulait faire l'anatomie d'un &#233;tat d'esprit, Shelley Jackson d&#233;cide de spiritualiser l'anatomie. Prenant les quatre humeurs des anciens comme division de son livre, elle projette s&#233;cr&#233;tions et r&#233;sidus, leur donnant une vie propre, hors du corps.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
Apr&#232;s une premi&#232;re partie un peu trop ludique pour transpercer le c&#339;ur, le livre d&#233;colle imm&#233;diatement vers des terres tr&#232;s &#233;loign&#233;es du tout venant absurdiste : m&#234;me hors de leur r&#233;ceptacle, sperme, cancer ou cheveux, s&#233;cr&#233;tions et excr&#233;tions et r&#233;sidus gardent les sentiments et sensations qui y sont li&#233;s dans leur contexte habituel, cr&#233;ant des dynamiques nouvelles et particuli&#232;rement fertiles et r&#233;v&#233;latrices. Selon Jackson, le d&#233;placement lui permet d'&#233;crire des histoires &#171; absurdes et fantastiques &#187; mais &#171; &#233;trangement ressenties, comme un r&#234;ve ou une lettre d'amour &#233;crite dans un code que vous ne savez plus d&#233;crypter &#187;.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
Le corps est &#233;videmment un des grands th&#232;mes, un des grands sujets de discours f&#233;ministes. C'est aussi une obsession personnelle de Jackson : qu'il s'agisse de la fille patchwork, des excr&#233;tions, des tatouages ou m&#234;me des siamois de &lt;em&gt;Half life&lt;/em&gt;, le corps en tant que producteur de sens et / ou entit&#233; modifiable tient toujours ses romans depuis le milieu. Ce qui est sans doute plus particuli&#232;rement examin&#233; ici, c'est une contradiction fondamentale : quoi de plus intime que notre corps, mais en m&#234;me temps quoi de plus inconnu, de plus surprenant, de plus d&#233;goutant parfois.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/IMG/shelley-jackson-2002-2.jpg&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Partie II : Olivier Lamm&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
Je me rappelle, &#224; ma premi&#232;re lecture totalement fascin&#233;e de ce grand petit livre il y a quelques ann&#233;es, avoir &#233;t&#233; si abasourdi par son audace, son impunit&#233; et sa puissance d'&#233;vocation (&#233;rotique ou horrifique, toujours charnelle) que j'avais &#233;t&#233; incapable d'&#233;tuver quoi que ce soit &#224; son sujet ; englu&#233; dans la graisse et le sang bouillonnant, je percevais seulement deux choses : a) Shelley Jackson habitait (&#224; une adresse inconnue) un continent frontalier de celui d&#233;crit par Ben Marcus dans son &lt;a href=&quot;http://www.dalkeyarchive.com/catalog/show/313&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(128, 0, 0);&quot;&gt;&lt;em&gt;Age of Wire &amp; String&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; et investi par ses &lt;a href=&quot;http://www.cherche-midi.com/theme/detail-Le_silence_selon_Jane_Dark-9782749105529.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(128, 0, 0);&quot;&gt;&lt;em&gt;Notable American Women&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, et b) son premier recueil de nouvelles &#233;tait tout aussi important. A y voir aujourd'hui un peu plus clair gr&#226;ce &#224; la traduction remarquablement fluide de Bernard Hoepffner, je suis presque tout autant &#233;bahi et plus que jamais interloqu&#233; de r&#233;pondre &#224; la question : mais que fait donc Shelley Jackson avec la litt&#233;rature ?&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
Elle commence par lui infliger un abrupt paradoxe. Car si, &#224; l'instar de l'encyclop&#233;die excentrique de Robert Burton, son seul sujet est l'humain incarn&#233; dans sa chair et son seul questionnement concerne les continuit&#233;s et les discontinuit&#233;s entre l'entendement, le corps et la nature, elle n'aborde jamais ni l'un ni l'autre et retourne le corps comme un gant pour accoucher d'objets organiques si &#233;tranges qu'ils n'autorisent m&#234;me pas la m&#233;taphore ou la m&#233;tonymie. Jackson y &#233;voque c&#339;urs, phlegme, nerf, graisse ou sommeil mais ses pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es du corps n'ont rien &#224; voir avec nos organes ou nos humeurs. Agissant quelque part entre la jouissance pure de l'invention et l'effroi d'un &lt;em&gt;unheimlich&lt;/em&gt; revitalis&#233;, elle malaxe et d&#233;forme des objets intimes (et, mieux ou pire, des parties de nous) et emplit d'air chaud ceux qu'elle invente pour nous les donner &#224; moudre et &#224; m&#226;cher, d&#233;tourner leur force d'&#233;vocation pour parler directement &#224; nos corps et &#224; notre &#226;me, caresser du bout des doigts le corpus incertain du familier et d&#233;tourner nos &#233;motions vers des objets int&#233;gralement intrus, &#233;tranges et &#233;trangers : &#171; &lt;em&gt;&#224; travers le petit trou de serrure de la pupille, nous le cherchons : l'informe, l'inhumain&lt;/em&gt; &#187; ; &#171; &lt;em&gt;quelque chose qui ressemble &#224; notre chair, mais pas pareil, (&#8230;) une sorte de &#252;ber chair, riche de possibilit&#233;s&lt;/em&gt; &#187;. Imm&#233;diatement, ces nouvelles s'habillent de chair et s'annoncent bien trop charnelles et &#233;rectile pour se laisser confiner &#224; l'absurde ou le surr&#233;el.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
Ainsi si Shelley Jackson excite nos &#226;mes et nos corps aussi fort que le r&#233;el peut le faire (le travail de la litt&#233;rature, je crois), elle le fait sans jamais avoir recours directement &#224; ce dernier. Il est donc difficile, tr&#232;s difficile de d&#233;crire ce que l'on ressent en lisant ces nouvelles, &#224; commencer par le fait que Jackson nous d&#233;crit beaucoup d'objets fabuleusement impensables (jamais invraisemblables) qui r&#233;sistent ind&#233;finiment &#224; la dichotomie repr&#233;sentation / m&#233;taphore : &#171; &lt;em&gt;trop lourds pour &#234;tre support&#233;s par la r&#233;alit&#233;&lt;/em&gt; &#187;, les &#233;tants tr&#232;s ambivalents de &lt;em&gt;La M&#233;lancolie de l'Anatomie&lt;/em&gt; sont impossibles &#224; se repr&#233;senter car ils distendent l'imaginaire, les images et la lumi&#232;re, &#171; &lt;em&gt;perforent un trou et s'y enfoncent jusque dans le r&#234;ve en dessous &lt;/em&gt; &#187;.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Initiant son dispositif via des glissements grammaticaux (les spermes, une pluie de sommeil) pour faire du feu sous les images et agiter la conscience, elle nous apostrophe, via le fascicule d'un spectacle de foire, &#171; &lt;em&gt;pouvez-vous vous imaginer un sperme coiff&#233; d'un petit chapeau maintenu par de minuscules ventouses ?&lt;/em&gt; &#187; et non, nous ne le pouvons pas, et parfois les mutations ontologiques qu'elle occasionne sont des vrais casses t&#234;te plus organiques encre que la chair (&#171; &lt;em&gt;Dans ses torsades, l'haleine m&#234;mes &#233;tudie la ruse. Une fois rompu, le corps s'&#233;l&#232;ve l&#233;g&#232;rement et ais&#233;ment vers le mensonge et, si jamais vous glissez, le cheveu se nouera autour de votre cou et vous hissera vers le haut&lt;/em&gt; &#187;) ; pourtant, nous pouvons bien les sentir.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Ecrivain souple, athl&#233;tique et m&#233;ticuleuse, Jackson agit avant tout avec la langue (soit dit en passant une jolie m&#233;tonymie qui, si ou la soulignait plus souvent, &#233;viterait bien des d&#233;bats non avenus bas&#233;s sur le principe d'une s&#233;paration en litt&#233;rature du fond et de la forme) ; pour d&#233;ployer ses merveilles, elle lui fait m&#234;me des figures in&#233;dites, la dopant d'un lexique est rare et opulent, &#233;sot&#233;rique et magique (&#171; beurr&#233;, ol&#233;agineux, mafflu, adipeux &#187;), versatile et au moins aussi charnel que les mati&#232;res et textures qu'il nous glisse sous les sens.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
Son dispositif d&#233;ment bien lov&#233; dans notre oreille interne, elle dispose int&#233;gralement de nous et nous emm&#232;ne partout : r&#233;cit politique, satire sans attache, amusement encyclop&#233;dique avec index plus large que le texte (&#171; &lt;em&gt;our poet suggests here that human life is but a series of footnotes to a vast obscure unfinished masterpiece &lt;/em&gt; &#187;, via &lt;em&gt;Pale Fire&lt;/em&gt;, encore) et dont l'auteur est un fant&#244;me, un pastiche de paralitt&#233;rature, un dessin anim&#233; tch&#232;que, une bataille de boules de sommeil, un r&#233;cit social historique (&#171; Sang &#187;, seule concession possible &#224; la m&#233;taphore o&#249; deux r&#233;cureuses des bas-fonds amassent une tonne de tissus sales pour assembler un tampon g&#233;ant et sauver Londres d'un d&#233;luge menstrue - et ce n'est m&#234;me pas saugrenu) et une tentative de litt&#233;rature sp&#233;culative ((c) Neal Stephenson) qui s'interroge de savoir ce que serait le monde si l'eau &#233;tait du lait (et ce n'est pas saugrenu non plus, les navires tranchent la banquise comme on coupe du beurre). Pas si loin de David Cronenberg qui se payait le luxe de filmer Jude Law performer un analingus en gros plan en d&#233;pla&#231;ant seulement l'orifice de dix centim&#232;tres vers le haut du dos de Jennifer Jason Leigh dans &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=fPqpv__NiD0&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(128, 0, 0);&quot;&gt;&lt;em&gt;Existenz&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, Shelley Jackson d&#233;clare qu'on a le droit de faire l'amour avec le ciel (litt&#233;ralement, pas litt&#233;rairement) et d&#233;crit &#224; nos sens des sc&#232;nes d'une obsc&#233;nit&#233; totale, d&#233;licieuse, forc&#233;ment lacanienne (des ronds, des trous, des excroissances, de la graisse dont une observation au microscope laisse voir des madriers merveilleux et qu'on lape, su&#231;ote et d&#233;sir de tout son corps quand ils expulsent fluides et solides) qui font une exp&#233;rience de lecture sans semblable, br&#251;lante et glaciale &#224; la fois.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;La narratrice de &#171; Graisse &#187; r&#233;sume id&#233;alement notre libido et tout le pouvoir de ce livre : &#171; &lt;em&gt;Il est int&#233;ressant (&#8230;) de voir qu'on peut avoir des satisfactions esth&#233;tiques dans, grosso modo, la cochonnerie : le gargouillis du phlegme dans la gorge, le brillant et la fermet&#233; de certains &#233;trons, bien plus jolis que le c&#244;t&#233; effiloch&#233; d'autres &#233;trons, et la graisse, aussi, ce d&#233;chet, est parfois, oh, merveilleux &#8211; un g&#226;teau tremblant, fragile, couleur cr&#232;me &#8211; tandis qu'&#224; d'autres moments il est, je dirais simplement (pour m&#233;nager votre sensibilit&#233;), moins merveilleux&lt;/em&gt; &#187;.&lt;br /&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les ploucs. - Claude Bathany - Country Blues (M&#233;taili&#233;, 2010) par Bartleby </title>
		<link>http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?article553</link>
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		<dc:date>2010-02-05T08:03:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bartleby</dc:creator>


		<dc:subject>Litt&#233;rature fran&#231;aise</dc:subject>
		<dc:subject>Roman Noir</dc:subject>
		<dc:subject>Claude Bathany</dc:subject>

		<description>Des s&#233;ries t&#233;l&#233;vis&#233;es comme X-Files, des films comme D&#233;livrance ou des polars comme La Foire aux serpents de Harry Crews ou 1275 &#226;mes de Jim Thompson ont tellement influenc&#233; notre imaginaire que nous nous repr&#233;sentons souvent le plouc de l'Am&#233;rique profonde comme une sorte de tar&#233; consanguin aussi abruti que dangereux. Nick Corey, le narrateur de 1275 &#226;mes, se pr&#233;sente ainsi : Je m'appelle Nick Corey. Je suis le sh&#233;rif d'un patelin habit&#233; par des so&#251;lards, des fornicateurs, des incestueux, des feignasses (...)

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&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature fran&#231;aise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot120" rel="tag"&gt;Roman Noir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot368" rel="tag"&gt;Claude Bathany&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/IMG/arton553.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='110' class='spip_logos' style='height:110px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img width='275' hspace='' height='201' align=&quot;left&quot; src=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/IMG/image/abattoirs21(1).jpg&quot; alt=&quot;&quot; style='margin:10px;height:201px;width:275px;' /&gt;Des s&#233;ries t&#233;l&#233;vis&#233;es comme &lt;i&gt;X-Files&lt;/i&gt;, des films comme &lt;i&gt;D&#233;livrance&lt;/i&gt; ou des polars comme &lt;i&gt;La Foire aux serpents&lt;/i&gt; de Harry Crews&lt;b&gt; &lt;/b&gt;ou &lt;i&gt;1275 &#226;mes&lt;/i&gt; de &lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot88&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(153, 51, 0);&quot;&gt;Jim Thompson&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; ont tellement influenc&#233; notre imaginaire que nous nous repr&#233;sentons souvent le plouc de l'Am&#233;rique profonde comme une sorte de tar&#233; consanguin aussi abruti que dangereux. Nick Corey, le narrateur de &lt;i&gt;1275 &#226;mes&lt;/i&gt;, se pr&#233;sente ainsi :&lt;/div&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;Je m'appelle Nick Corey. Je suis le sh&#233;rif d'un patelin habit&#233; par des so&#251;lards, des fornicateurs, des incestueux, des feignasses et des salopiaux de tout acabit.&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; A l'inverse, le plouc fran&#231;ais inspire plut&#244;t la sympathie car, sous son air bourru, il incarne plut&#244;t le brave type. Tout cela n'est qu'imaginaire car de petites bourgades fran&#231;aises sont aussi habit&#233;es par &lt;i&gt;&#171; des so&#251;lards, des fornicateurs, des incestueux, des feignasses et des salopiaux de tout acabit &#187;&lt;/i&gt; ; c'est ce que montre Claude Bathany dans &lt;i&gt;Country Blues&lt;/i&gt;, un polar &#224; l'am&#233;ricaine, noir et sinistre &#224; souhait, dont l'action se passe en Bretagne, dans le Finist&#232;re, dans la r&#233;gion des monts d'Arr&#233;e.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le livre comporte quatre chapitres, num&#233;rot&#233;s en breton de &#8220;Unan&#8221; &#224; &#8220;Pevar&#8221;. Ces chapitres sont constitu&#233;s de diff&#233;rentes voix s'&#233;clairant mutuellement, comme autant de perspectives, les m&#234;mes &#233;v&#233;nements &#233;tant souvent racont&#233;s par diff&#233;rents narrateurs, donnant ainsi l'impression au lecteur d'avoir le point de vue de Dieu l&#224; o&#249; les narrateurs n'ont que leur perception des &#233;v&#233;nements. Dans chacun de ces chapitres, les quatre enfants Argol s'expriment &#224; tour de r&#244;le et un membre de la famille Moullec, un par chapitre, &#224; la suite de chacun d'eux.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La famille Argol ? Cinq tar&#233;s. Chez ces gens-l&#224;, il y a d'abord la m&#232;re. Elle a perdu la t&#234;te vingt ans plus t&#244;t. Capable de crises de d&#233;mence, elle est la plupart du temps totalement abrutie, pouvant passer des heures devant la t&#233;l&#233;vision, m&#234;me &#233;teinte. Depuis qu'on l'a retrouv&#233;e un matin dans le poulailler en train de couver les &#339;ufs, ses enfants, la nuit tomb&#233;e, l'enferment dans sa chambre.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est surtout Dany, l'a&#238;n&#233;, le moins f&#234;l&#233;, qui s'occupe d'elle. Dany, c'est le play-boy du coin : &lt;i&gt;&#171; j'&#233;tais sans doute le seul mec &#224; peu pr&#232;s potable de la r&#233;gion et &#8211; &#231;a, toutes mes ex vous le diront &#8211; un baiseur d'enfer. &#187;&lt;/i&gt; S'il passe la majeure partie de son temps &#224; courir les filles sur sa mob, c'est quand m&#234;me gr&#226;ce &#224; lui que la ferme en ruine nourrit encore la famille, puisqu'il est le seul &#224; &#234;tre encore capable de s'occuper des animaux.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lorsqu'il n'est pas occup&#233; &#224; construire des murs inutiles, Jean-Bruno lui file un coup de main. Jean-Bruno, un g&#233;ant, emploie ses soir&#233;es &#224; mater des films pornos et &#224; taper des poings dans un sac. Il faut dire qu'il a &#233;t&#233; boxeur, mais, depuis l'incident qui lui a co&#251;t&#233; sa place &#224; l'abattoir, il est devenu agoraphobe :&lt;/div&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;J'&#233;tais en train de d&#233;piauter des carcasses dans l'humidit&#233; et les relents. &lt;/i&gt;&lt;i&gt;D&#233;goulinant de moiteur peu avant midi, je suis sorti de l'atelier de d&#233;coupe pour aller sur la bouverie. Je me sentais mal, comme si j'avais un truc qu'il me fallait, d'une fa&#231;on ou d'une autre, expulser. Il y avait l&#224; des b&#234;tes parqu&#233;es en vrac, qui venaient d'arriver et qui attendaient d'&#234;tre mises en stabulation. Je me suis approch&#233;, j'avais un tranchoir &#224; la main. J'ai pass&#233; une barri&#232;re, je me suis faufil&#233; dans le parcage et j'ai lev&#233; le bras. &#199;'a &#233;t&#233; d'abord un grand geste nonchalant, presque une lassitude, sur une des b&#234;tes, une simple lac&#233;ration. Un camionneur s'est mis &#224; gueuler en me voyant faire, puis une ouvri&#232;re. Je me suis tourn&#233; vers eux, je leur ai souri d'un sourire qui n'avait rien d'humain et, &#224; partir de l&#224;, jouant avec le tranchoir, j'ai commenc&#233; mon &#339;uvre. Eux, de voir &#231;a, &#231;a les a rendus sans voix ou, alors, ce sont les meuglements qui ont tout couvert. Face &#224; mon attaque, les b&#234;tes se sont mises &#224; faire des &#233;carts autour de moi, se bousculant et se pi&#233;tinant les unes les autres mais j'ai &#233;t&#233; sans piti&#233;. Je les ai salement esquint&#233;es, visant certaines &#224; la moelle, d'autres au jarret, puis des coups plus puissants, sous des angles tuant net, ou seulement port&#233;s pour faire souffrir. Je me d&#233;pla&#231;ais &#224; l'instinct afin de ne pas me retrouver coinc&#233; ou &#233;cras&#233;. Elles se vidaient de terreur, le sang giclait dans leur putain de merde et elles s'y vautraient mais je ne savais plus m'arr&#234;ter, me donnant &#224; fond, collet, carr&#233;, longe. Mes coll&#232;gues n'osaient pas intervenir. Fallait voir le d&#233;ment que j'&#233;tais et les coups de vice que j'osais, balafrant certaines b&#234;tes d'entailles grotesques, parfois m'acharnant sur une, lan&#231;ant un bout de chair &#224; la vol&#233;e.&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; Depuis cet incident, Jean-Bruno, avec &lt;i&gt;&#171; sa gueule de contre-exemple &#187;&lt;/i&gt;, comme le dit C&#233;cile, sa s&#339;ur, tra&#238;ne sa m&#233;lancolie dans la ferme familiale.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C&#233;cile, elle, est un concentr&#233; de haine. Lesbienne et collectionneuse d'armes de guerre, elle est tellement givr&#233;e qu'elle a &#233;chou&#233; aux tests psychologiques du concours d'entr&#233;e dans la gendarmerie.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il y a enfin Lucas, le cadet, schizophr&#232;ne aux obsessions p&#233;dophiles. Ou plut&#244;t Lucas et Olive, la marionnette qui l'accompagne partout, son autre qu'il fait parler et sur laquelle il se masturbe.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tous tentent d'oublier le drame &#224; l'origine de leur d&#233;sastre qui eut lieu vingt ans auparavant. Avec Etienne, le p&#232;re, ils formaient une belle petite famille, promise au bonheur. Etienne &#233;tait un c&#233;l&#232;bre chanteur de rock de la r&#233;gion qui, par souci d'hygi&#232;ne de vie, venait de s'installer dans le village apr&#232;s avoir achet&#233; la ferme familiale des Moullec. Son seul d&#233;faut &#233;tait d'&#234;tre un coureur de jupons. C'est du moins ce que tout le monde croyait avant qu'on le mette en cause dans l'enqu&#234;te sur la disparition de plusieurs petites filles, dont l'une des siennes, la jumelle de Lucas. Leurs corps ne furent jamais retrouv&#233;s, mais Etienne Argol se pendit dans sa grange et on retrouva une lettre dans laquelle il demandait pardon&#8230; Depuis, les Argols se sont r&#233;fugi&#233;s dans leurs n&#233;vroses ou leurs folies pour oublier et ne surtout jamais &#233;veiller le souvenir du monstre qui leur avait servi de mari ou de p&#232;re. Et, lorsque Flora, une jeune zonarde d'&#224; peine vingt ans, arrive dans la r&#233;gion et se met &#224; fouiner partout en &#233;voquant cette sinistre affaire, les Argol ne veulent rien entendre et se murent dans le silence de l'indiff&#233;rence. Il n'est pas bon de r&#233;veiller les vieux d&#233;mons&#8230;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est d'ailleurs une voix d'outre-tombe, d&#233;moniaque, qui s'&#233;l&#232;ve d'une cave : celle de Gildas Moullec, disparu vingt ans plus t&#244;t&#8230; Gildas &#233;tait peintre, un peintre bien particulier puisque, dans son mobile-home, il ne peignait que des animaux morts. La logorrh&#233;e de Gildas est inqui&#233;tante et, en ce d&#233;but de roman, on n'ose comprendre de quoi il parle :&lt;/div&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; &lt;i&gt;Ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'autant que possible je ne fais pas souffrir. Je reste rassurant. Jusqu'&#224; tr&#232;s loin en avant, je ne laisse rien deviner de l'horreur &#224; venir. Et j'ajouterai que, jusqu'&#224; un certain point, ce n'est pas douloureux. La douleur est la sensation avec moi la plus br&#232;ve. Elle dure nettement moins qu'un de mes lancinants cauchemars.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;Apr&#232;s, pour qui devient objet, ce n'est plus douloureux du tout.&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; L'arriv&#233;e de Flora produit l'effet inverse sur les fr&#232;res et s&#339;ur Moullec qui ne parlent que de l'affaire Argol. Apr&#232;s Gildas, ce sera au tour d'Evelyne de parler, l'une des rares femmes &#224; ne pas &#234;tre tomb&#233;e dans les bras d'Etienne alors qu'elle en &#233;tait folle amoureuse. Depuis sa mort, elle est la meilleure cliente de son propre bar.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il y a ensuite Didier, le garagiste dont la femme, Cl&#233;mence, une aventuri&#232;re qui fut la ma&#238;tresse d'Etienne, s'est enfuie peu apr&#232;s le suicide du rocker. . On l'a retrouv&#233;e morte il y a peu, &#224; quelques kilom&#232;tres de l&#224;, abattue de plusieurs balles dans son lit, en compagnie de son dernier amant, un ancien truand. Quant &#224; la fille que Didier et Cl&#233;mence eurent ensemble, Anne-Laure, elle s'est ouvert les veines dans un champ quelques ann&#233;es auparavant, apr&#232;s avoir rompu avec C&#233;cile Argol&#8230;&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il y a enfin le fr&#232;re a&#238;n&#233;, Vincent. Il n'appr&#233;cie gu&#232;re que cette jeune paum&#233;e vienne d&#233;terrer les vieux souvenirs. Ancien officier de la gendarmerie, c'est lui qui avait men&#233; l'enqu&#234;te sur les enfants disparus et incrimin&#233; Etienne Argol.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; prim&#233; pour son premier roman, &lt;i&gt;Last exit to Brest&lt;/i&gt;, Claude Bathany signe l&#224; un second polar totalement ma&#238;tris&#233;. Il r&#233;ussit le tour de force d'&#233;crire dans des registres totalement diff&#233;rents selon les narrateurs qu'il utilise et entra&#238;ne le lecteur dans son univers qui, d&#233;cid&#233;ment, n'a rien &#224; envier aux grands ma&#238;tres am&#233;ricains du genre.&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'entre-deux du monde double de Chejfec - Sergio Chejfec - Mis dos mundos (Candaya, 2008) par Antonio Werli </title>
		<link>http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?article539</link>
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		<dc:date>2010-02-03T01:36:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antonio Werli</dc:creator>


		<dc:subject>Litt&#233;rature latino-am&#233;ricaine</dc:subject>
		<dc:subject>Roman</dc:subject>
		<dc:subject>Sergio Chejfec</dc:subject>

		<description>Ca remonte &#224; quelques temps. Un ami m'avait souffl&#233; le doux et difficilement pronon&#231;able nom pour un fran&#231;ais de Sergio Chejfec, auteur argentin n&#233; en 1956, non-traduit (un livre avait pourtant &#233;t&#233; &#233;dit&#233; par le MEET dans les ann&#233;es 90, mais &#233;puis&#233; depuis des lustres). J'&#233;tais retomb&#233; sur ce nom un jour o&#249; je feuilletais une excellente revue espagnole en ligne, la Revista Teina (dont les archives semblent malheureusement indisponibles). Et l'envie de d&#233;couvrir Chejfec fut redoubl&#233;e. Je m'&#233;tais alors procur&#233; (...)

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&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Bureau Electrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot2" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature latino-am&#233;ricaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot358" rel="tag"&gt;Roman&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot364" rel="tag"&gt;Sergio Chejfec&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/IMG/arton539.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='113' class='spip_logos' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div&gt;Ca remonte &#224; quelques temps. Un ami m'avait souffl&#233; le doux et difficilement pronon&#231;able nom pour un fran&#231;ais de Sergio Chejfec, auteur argentin n&#233; en 1956, non-traduit (un livre avait pourtant &#233;t&#233; &#233;dit&#233; par le &lt;a href=&quot;http://www.meet.asso.fr/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(153, 51, 0);&quot;&gt;MEET &lt;/span&gt;&lt;/a&gt;dans les ann&#233;es 90, mais &#233;puis&#233; depuis des lustres). J'&#233;tais retomb&#233; sur ce nom un jour o&#249; je feuilletais une excellente revue espagnole en ligne, la &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://revistateina.blogspot.com/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(153, 51, 0);&quot;&gt;Revista Teina&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; (dont les archives semblent malheureusement indisponibles). Et l'envie de d&#233;couvrir Chejfec fut redoubl&#233;e. Je m'&#233;tais alors procur&#233; &lt;em&gt;Mis dos mundos&lt;/em&gt; [Mes deux mondes], son dernier livre paru en 2008 et &#233;dit&#233; par les excellentes &#233;ditions barcelonaises &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.candaya.com/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(153, 51, 0);&quot;&gt;Candaya &lt;/span&gt;&lt;/a&gt;qui sont &#224; l'initiative d'une collection de monographies impressionnantes sur des &#233;crivains contemporains de langue espagnole (&lt;em&gt;Bola&#241;o Salvaje&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;El lugar de Piglia&lt;/em&gt; ou encore &lt;em&gt;Vila-Matas portatil&lt;/em&gt;) comme de l'&#233;dition de quelques bombes litt&#233;raires. Fran&#231;ois Monti en a &#233;voqu&#233;e ici-m&#234;me une et je ne tarderai pas &#224; faire de m&#234;me : &lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?article491&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(153, 51, 0);&quot;&gt;&lt;em&gt;Nocilla Dream&lt;/em&gt; de Agustin Fernandez Mallo&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Sergio Chejfec est inconnu en France, il est pourtant l'un des &#233;crivains argentins les plus marquants de cette derni&#232;re vingtaine d'ann&#233;e, auteur d'une quinzaine de livres, romans et recueils de po&#233;sie, salu&#233; par ses pairs comme par la critique en Am&#233;rique Latine et en Espagne, o&#249; &lt;em&gt;Mis dos mundos&lt;/em&gt; a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; par la revue &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.revistaquimera.com/index2.php&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(153, 51, 0);&quot;&gt;&lt;em&gt;Quimera &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;(autre indispensable revue espagnole) comme l'un des deux meilleurs romans de 2008, et que Enrique Vila-Matas, entre autres, a couvert d'&#233;loges.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height='240' width='320' src=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/IMG/image/sergio-chejfec_1.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style='height:240px;width:320px;' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;em&gt;Mis dos mundos&lt;/em&gt; est un r&#233;cit court de 128 pages o&#249; se d&#233;ploie la phrase ample de Chejfec, int&#233;rieure, entourant les perceptions et les sensations du narrateur et faisant surgir de nouvelles perceptions et sensations de cette pellicule de mots qu'il d&#233;pose entre sa conscience du monde et le monde tel qu'il est. R&#233;cit totalement int&#233;rioris&#233; &#224; la premi&#232;re personne, il pratique une sorte de flux de conscience &#224; pas feutr&#233;s, presque languissant des fois mais jamais &#233;teint, toujours minutieux et r&#233;ellement alerte : le narrateur est une vigie des sens (aux deux sens du terme) en continu. Je/jeu de la contemplation et en m&#234;me temps de l'introspection, c'est le d&#233;roul&#233; d'une conscience qui roule des terres de la m&#233;moires aux projections de l'instinct, et abolit en quelque sorte le temps, creusant dans le mouvement de la phrase et de la narration une suspension particuli&#232;re o&#249; tout est condens&#233; dans l'instantan&#233; qui s'&#233;tire ind&#233;finiment.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;em&gt;Mis dos mundos&lt;/em&gt; est un r&#233;cit hypnotique depuis l'oeil immobile du cyclone tranquille qui embrasse son narrateur.&lt;/div&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;div&gt;Encore quelques jours avant mon anniversaire, et si je d&#233;cide de commencer de cette mani&#232;re, c'est parce que deux amis m'ont fait observer, gr&#226;ce leurs livres, que ces dates-l&#224; peuvent devenir motif de r&#233;flexion, et d'excuse ou de justification, sur le temps v&#233;cu. L'id&#233;e m'est venue au Br&#233;sil, alors que je passais deux jours dans une ville du sud du pays. En r&#233;alit&#233;, je ne comprenais pas comment je m'&#233;tais persuad&#233; de me d&#233;placer jusque-l&#224;, sans conna&#238;tre personne et ne sachant que peu de choses sur l'endroit. C'&#233;tait un apr&#232;s-midi, il faisait chaud, et je marchais &#224; la recherche d'un parc sur lequel je n'avais quasiment aucune information, sauf son nom, vaguement musical et pour le moins prometteur selon mon point du vue, et le fait qu'il apparaisse comme la plus grande surface verte sur le plan de la ville.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;div&gt;
&lt;div&gt;Le narrateur, un &#233;crivain (Chejfec lui-m&#234;me ? cela n'est jamais pr&#233;cis&#233;), commence par &#233;voquer, tr&#232;s richement, deux ou trois de ses souvenirs, dont ce plus important, celui qui fonde son r&#233;cit : la promenade dans un parc d'une ville du sud du Br&#233;sil. L'action, pour ainsi dire, se situe dans le souvenir de l'h&#244;tel (oui : dans un souvenir) o&#249; s'arr&#234;te le narrateur, dans les rues qui le m&#232;nent au parc, sur un banc l&#224;-bas, &#224; la terrasse du Caf&#233; do Lago qui donne sur un petit lac, et est contenue dans cette tr&#232;s courte p&#233;riode de deux journ&#233;es pass&#233;es propuls&#233;e depuis la m&#233;moire du pr&#233;sent. Ainsi, Chejfec nous emporte dans une immense et dense digression qui passe par diff&#233;rents stades, dans un mouvement qui va de l'observation des arbres ou des animaux du parc, ou simplement de son sol, &#224; des r&#233;flexions quasi-m&#233;taphysiques provoqu&#233;es par ces regards port&#233;s sur l'entourage et &#233;chang&#233;s avec les objets anim&#233;s ou inanim&#233;s. Les enjeux du r&#233;cit d&#233;bordent tr&#232;s rapidement le simple &#233;loge de la marche ou de l'observation, l'art de la promenade ou de la d&#233;rive urbaine - et est capable de suivre puis quitter la tradition connue des &#233;crivains ou penseurs marcheurs (de quelque sorte qu'ils peuvent &#234;tre), de Rousseau &#224; Nietzsche, de Walser &#224; Sebald, des surr&#233;alistes aux situs... Plut&#244;t que sur la marche en tant que telle, &lt;em&gt;Mis dos&lt;/em&gt; mundos propose une longue r&#233;flexion sur la marche de la pens&#233;e et de la cr&#233;ation : la promenade se passe autant dans un parc (projection et &#233;vocation de la nature disparue, mus&#233;ifi&#233;e, au coeur des villes, m&#234;me au coeur des villes du Sud) que dans la litt&#233;rature ou la philosophie. Je pourrais m'arr&#234;ter &#224; chaque page et chaque observation du narrateur et suivre le fil de sa penser pour rejoindre ce que les critiques espagnoles que j'ai pu lire ont dit, mais je ne me focaliserai que sur un seul point, que je consid&#232;re &#234;tre essentiel dans ce livre et ses enjeux.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height='399' width='282' src=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/IMG/image/cygne%20pedalo.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style='height:399px;width:282px;' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Avant ce souvenir de la promenade au parc, qui trame l'int&#233;gralit&#233; du roman (et qui nous fera voyager dans diff&#233;rents lieux, diff&#233;rents temps, jusqu'en Europe, Chejfec poursuivant de s'interroger sur l'h&#233;ritage et l'identit&#233;, comme il semble le faire le long de son oeuvre), il y a les livres de ces deux amis &#233;crivains qui ont impuls&#233; le r&#233;cit. Et il n'est pas anodin de trouver le narrateur la veille, avant de se diriger vers le parc qui l'attire comme un aimant, &#224; une conf&#233;rence sur la litt&#233;rature &#224; l'occasion du Salon du Livre local, dont il fut &quot;le premier &#224; abandonner la salle et &#224; chercher rapidement le chemin vers la sortie.&quot; On dirait que d&#232;s le d&#233;but, remerciant ses deux amis &#233;crivains qui lui donnent le pr&#233;texte de son livre, le narrateur d&#233;cide de rompre et de quitter la posture de l'&#233;crivain &#233;crivant, et d&#232;s lors, je crois bien, commence r&#233;ellement un jeu du chat et de la souris entre ce que peut, ce dont est capable l'individu qui &#233;crit et ce dont il est redevable, entre la possibilit&#233; de suivre la carte et de s'y perdre, entre les causes effectives des choses et les hasards objectifs, entre la perception du retour constant et de l'avanc&#233;e sans repassage.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Le plus troublant, quelques pages plus loin, provient peut-&#234;tre de cette capacit&#233; qu'a Chejfec &#224; faire na&#238;tre des &#233;motions bien pr&#233;cises, profondes, &#224; partir d'un moment anodin mais qui litt&#233;ralement transforme son narrateur - mis en face &#224; la litt&#233;rature - continuellement &lt;em&gt;inquiet&lt;/em&gt; :&lt;/div&gt;
&lt;blockquote&gt;Au cours de la promenade de la nuit ant&#233;rieure, au Salon du Livre, j'ai tout &#224; coup commenc&#233; &#224; prendre peur quand je passai pour la neuvi&#232;me ou la dixi&#232;me fois devant le stand de la soci&#233;t&#233; d'histoire locale. Mais je n'ai pas &#233;t&#233; inqui&#233;t&#233; par cela, de sentir &#224; chaque nouveau passage cette m&#234;me candeur des premiers instants, ou plut&#244;t cette pr&#233;occupation de la d&#233;couverte d'un livre important, quelque chose qui attendait peut-&#234;tre depuis des ann&#233;es sans pr&#233;venir et qui me permettrait d'acc&#233;der &#224; un savoir tr&#232;s complexe et &#224; moiti&#233; secret ; non, j'ai plut&#244;t &#233;t&#233; inqui&#233;t&#233; du fait que la m&#234;me r&#233;p&#233;tition &#224; laquelle je me pliais avait fini par me rendre impatient.&lt;/blockquote&gt;Et toute la saveur du livre provient de ce genre d'observations pass&#233;es &#224; la moulinette d'une grande lucidit&#233;, r&#233;p&#233;tition r&#233;guli&#232;re et troublante de l'inqui&#233;tude trouv&#233;e dans le regard de l'autre ou du sien propre (ce qui est la m&#234;me chose au fond), dont l'unique solution est de ne pas choisir, de quitter avec la parfaite tentation d&#233;missionnaire d'un Bartleby, avec toute la s&#233;r&#233;nit&#233; n&#233;cessaire, avec toute l'essentielle intranquillit&#233; d'un &#234;tre qui ne s'arr&#234;te jamais de penser :&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt; Je voudrais oublier le motif de ma visite dans cette ville et je suis m&#234;me tent&#233; par l'id&#233;e d'oublier mon propre nom et essayer d'&#234;tre un autre, quelqu'un d'autre.&lt;br /&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;div&gt;La suite reprend plus ou moins, &#224; mon sens, ce processus, comme en t&#233;moignent les diff&#233;rentes sc&#232;nes qui vont se succ&#233;der. Le narrateur reste alerte, attentif, sans c&#233;der &#224; l'impatience ou l'angoisse pure. Mais laisse toujours la place &#224; ce qui le rend vivant : l'entre-deux de deux propositions (quelquefois oppos&#233;es), la conscience des deux mondes qui le fondent...&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Un exemple de ces deux mondes, suivant l'id&#233;e d'une r&#233;flexion sur l'&#233;criture. Je citerai deux marquants tableaux (mais on pourrait trouver d'autres exemples) : l'esp&#232;ce de duel de regards qu'on retrouve vers la fin du livre o&#249; le narrateur revit pratiquement face aux tortues et aux carpes du lac le m&#234;me genre de sensation que le personnage de Cortazar dans la nouvelle &quot;Axolotl&quot; ; et la sensation parfaitement et vertigineusement borg&#233;sienne de &quot;L'autre&quot; de se retrouver soi-m&#234;me dans l'individu assis &#224; l'autre extr&#233;mit&#233; d'un banc.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Ce n'est certainement pas un hasard que d'avoir vers la fin du livre ces sc&#232;nes qui &#233;voquent ces deux r&#233;f&#233;rences, g&#233;ants tut&#233;laires de la litt&#233;rature argentine pesant sur tout &#233;crivain argentin contemporain, et qu'elles viennent me rappeler cette &#233;vidente filiation occult&#233;e dans le livre (m&#234;me si Borges y est cit&#233; une fois litt&#233;ralement, mais qui ne le fait pas ?!) et pourtant pr&#233;gnante. Il y a l&#224;, je crois - et tout le livre le suit -, le fil d'une r&#233;flexion impressionnante sur l'art d'&#233;crire, sur l'importance du don ou du leg, sur la d&#233;finition de l'identit&#233; et au final sur la place r&#233;elle de celui qui est lorsqu'il &#233;crit par rapport &#224; celui qui lit, et m&#234;me &#224; celui (l'autre ?) qui a &#233;crit, d&#233;j&#224;.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
Il n'y a pas dix mille fins, solutions ou disons r&#233;solutions &#224; l'odyss&#233;e mentale et magn&#233;tique du narrateur de &lt;em&gt;Mis dos mundos,&lt;/em&gt; qui est aussi l'odyss&#233;e mentale et intime de chaque individu. Les deux mondes, condens&#233;s dans l'opposition la plus simple et imm&#233;diate du promeneur sont fig&#233;s dans les derni&#232;res lignes du texte, et laisse transpara&#238;tre, encore une fois, cet espace si important et si vivant de l'entre-deux :&lt;/div&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;div&gt;Ce que je souhaite dire maintenant, comme presque toujours, est travers&#233; par l'impr&#233;cision. A la terrasse du Caf&#233; do Lago je rejetai plusieurs choses, mais je me trouvais devant une sorte de choix : rester assis ou courir apr&#232;s le vieux. [...] L'immobilit&#233;, l'attente et toutes les situations li&#233;es, d'un c&#244;t&#233;, et les actions et interactions avec le prochain, de l'autre. Je cherchais la limite d&#233;licate entre les deux possibilit&#233;s, comme si je vivais sous contrainte dans chacun des deux mondes.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;div&gt;Et la &quot;r&#234;verie&quot; du solitaire promeneur s'ach&#232;ve avec le roman, pourtant, sur l'irr&#233;vocable &lt;em&gt;sans solution&lt;/em&gt; :&lt;/div&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;div&gt;Je prenais tout cela en consid&#233;ration, qui semblait pr&#233;occupant et sans solution... Mais un instant apr&#232;s, je me r&#233;signais en pensant qu'au bout du compte je devais me plier &#224; ces conditions, car comme on ne choisit pas le moment o&#249; l'on va na&#238;tre, on ignore aussi les mondes variables qu'on va habiter.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;*&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Et je dois bien avouer qu'il va me falloir, comme le narrateur de &lt;em&gt;Mis dos mundos&lt;/em&gt;, choisir entre les termes de l'alternative qui se donne &#224; pr&#233;sent &#224; moi : ouvrir encore ou clore enfin. Et je me r&#233;signe aussi en pensant que ces conditions r&#232;glent cette chronique, et que franchir le pas et la quitter doucement - sans cela, elle n'en finirait jamais - permettra justement d'y revenir.&lt;/div&gt;
&lt;blockquote&gt; &lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Bola&#241;o actuel, trois fois actuel par Le Fric-Frac Club </title>
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		<dc:date>2010-02-02T14:43:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Le Fric-Frac Club</dc:creator>


		<dc:subject>Litt&#233;rature latino-am&#233;ricaine</dc:subject>
		<dc:subject>Roberto Bola&#241;o</dc:subject>

		<description>POINT UN - EL TERCER REICH : Rappel des faits. C'est &#224; la Foire du livre de Francfort en 2008 qu'on entend parler pour la premi&#232;re fois du Tercer Reich de Roberto Bola&#241;o. Entre temps, d'autres annonces se font et le Tercer Reich se mat&#233;rialise tout doucement dans les esprits. L'heure est bient&#244;t venue de le voir arriver sur nos &#233;tales de livres : El tercer Reich para&#238;t en Espagne jeudi aux &#233;ditions Anagrama, on dirait que c'est au mois de mars qu'il parviendra aux Am&#233;riques (en espagnol) chez Vintage, (...)

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&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;Br&#232;ves&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot2" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature latino-am&#233;ricaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot6" rel="tag"&gt;Roberto Bola&#241;o&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/IMG/arton554.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='94' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:94px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div&gt;&lt;strong&gt;POINT UN - &lt;em&gt;EL TERCER REICH&lt;/em&gt; :&lt;/strong&gt; Rappel des faits. C'est &#224; la Foire du livre de Francfort en 2008 qu'on entend parler pour la premi&#232;re fois du &lt;a href=&quot;http://fricfracclub.blogspot.com/2008/10/un-bolao-indit-el-tercer-reich-sorti-de.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(153, 51, 0);&quot;&gt;Tercer Reich&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; de &lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot6&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(153, 51, 0);&quot;&gt;Roberto Bola&#241;o&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;. Entre temps, &lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?article477&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(153, 51, 0);&quot;&gt;d'autres annonces se font&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; et le &lt;em&gt;Tercer Reich&lt;/em&gt; se mat&#233;rialise tout doucement dans les esprits.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;L'heure est bient&#244;t venue de le voir arriver sur nos &#233;tales de livres : &lt;em&gt;El tercer Reich&lt;/em&gt; para&#238;t en Espagne jeudi aux &lt;a href=&quot;http://www.anagrama-ed.es/titulo/NH_466&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(153, 51, 0);&quot;&gt;&#233;ditions Anagrama&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, on dirait que c'est au mois de mars qu'il parviendra aux Am&#233;riques (en espagnol) &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/El-Tercer-Reich-Third/dp/0307476146&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(153, 51, 0);&quot;&gt;chez Vintage&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, et il sera tr&#232;s vite disponible en fran&#231;ais aux &lt;a href=&quot;http://www.christianbourgois-editeur.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(153, 51, 0);&quot;&gt;&#233;ditions Bourgois&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; le 8 avril, sous le titre &lt;em&gt;Le Troisi&#232;me Reich&lt;/em&gt;, traduit comme l'ensemble de son oeuvre (hors &lt;em&gt;Amuleto&lt;/em&gt;) par Robert Amutio.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Jusqu'&#224; il y a peu, on pouvait lire sur le site d'Anagrama les premi&#232;res pages du &lt;em&gt;Tercer Reich&lt;/em&gt; et go&#251;ter le d&#233;but du journal d'Udo Berger, le protagoniste. &lt;em&gt;El Tercer Reich&lt;/em&gt; est un roman de 370 pages (environ 400 p. je dirais) &#233;crit en 1989, c'est &#224; dire avant ce qui marque l'explosion romanesque de Bola&#241;o, &#224; savoir &lt;em&gt;La litt&#233;rature nazie en Am&#233;rique&lt;/em&gt;. Contemporain de la r&#233;daction de &lt;em&gt;La Piste de Glace&lt;/em&gt;, il se d&#233;roule dans la m&#234;me r&#233;gion - la Costa Brava -, et en comporte m&#234;me quelques &#233;chos (lieux, personnages...), m&#234;me si, on le sait, d'un livre &#224; l'autre, les &#233;chos dans l'oeuvre de Bola&#241;o sont souvent d&#233;form&#233;s...&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Avant de revenir longuement sur l'intrigue et les enjeux du livre dans les jours qui viennent, nous vous invitons &#224; lire la note sur le site d'Anagrama :&lt;/div&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;div&gt;Udo Berger a vingt-cinq ans et est passionn&#233; par les jeux de guerre. Il est de plus ind&#233;pendant financi&#232;rement et a une fianc&#233;e qui l'aime. Le couple passe quelques jours dans un site de la Costa Brava o&#249; Udo partait en vacances d'&#233;t&#233; avec sa famille. Udo fait installer dans sa chambre une grande table sur laquelle il r&#233;fl&#233;chit &#224; de nouvelles strat&#233;gies pour &lt;em&gt;Le Troisi&#232;me Reich&lt;/em&gt;, son jeu. Le soir, ils vont en discoth&#232;que et y rencontre Charly et Hanna, un autre couple d'allemands. Lorsqu'ils descendent sur la plage, l'impr&#233;visible Charly les introduit dans la communaut&#233; de l'endroit, pleine de personnages louches comme le Loup et l'Agneau, qui peuvent autant &#234;tre travailleurs saisonniers que mafieux ; Frau Else, la belle g&#233;rante de l'h&#244;tel ; ou le Br&#251;l&#233;, un homme d&#233;figur&#233; et duquel personne ne sait rien, hormis le fait qu'il est &#233;tranger et qu'il fut tortur&#233; dans son pays... &lt;em&gt;Le Troisi&#232;me Reich&lt;/em&gt;, un texte in&#233;dit &#233;crit en 1989, est un magnifique roman de la premi&#232;re p&#233;riode de Roberto Bola&#241;o, la parfaite r&#233;ussite d'un exercice narratif o&#249; l'auteur d&#233;ploie quelques uns de ses grands th&#232;mes, comme les &#233;tranges formes du nazisme, ou le fait que la culture - les jeux, ou la litt&#233;rature - est la r&#233;alit&#233;.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;strong&gt;POINT DEUX - &lt;em&gt;2666 &lt;/em&gt; :&lt;/strong&gt; Pablo Ley et Alex Rigola ont r&#233;ussi l'exploit de transposer l'opus magnum de Bola&#241;o sur les planches. La pi&#232;ce &lt;em&gt;2666 &lt;/em&gt;qui avait remport&#233; un vif succ&#232;s en Espagne d&#233;barque en France et va &#234;tre jou&#233;e dans le cadre du Festival Le Standard Id&#233;al au MC93 de Bobigny, du 11 au 14 f&#233;vrier. La repr&#233;sentation, compos&#233;e en 5 actes pour chacune des 5 parties du roman, dure cinq heures et est coup&#233;e par quatre entractes. On trouve toutes les informations concernant le spectacle (infos pratiques, entretiens, vid&#233;os...) sur &lt;a href=&quot;http://www.mc93.com/public/artistik/saison/12_2666/index.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(153, 51, 0);&quot;&gt;le site de MC93&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/div&gt;
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&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;strong&gt;POINT TROIS - &lt;em&gt;CYCLOCOSMIA III&lt;/em&gt; :&lt;/strong&gt; Le Fric-Frac Club a le plaisir d'annoncer la publication prochaine du troisi&#232;me num&#233;ro de la &lt;em&gt;Revue Cyclocosmia&lt;/em&gt; dirig&#233;e par &lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?auteur1&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(153, 51, 0);&quot;&gt;Antonio Werli&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; et &#224; laquelle, depuis le premier num&#233;ro, participent plusieurs d'entre nous (pour celui-ci : Eric Bonnargent (Bartleby), Fran&#231;ois Monti et Antonio Werli pour des textes et traductions ; G@rp, Axel et les autres dans l'ombre des coulisses). La revue sort mardi prochain le 9 f&#233;vrier et enti&#232;rement consacr&#233;e &#224; l'oeuvre de Roberto Bola&#241;o. On y trouvera des textes critiques analysant et d&#233;veloppant des oeuvres et des th&#232;mes bola&#241;iens, des textes plus personnels d'amis qui l'ont connu et qui lui rendent hommage, et des fictions, po&#232;mes et illustrations qui entrent en r&#233;sonance, franchement ou par fr&#244;lements, avec des motifs ou th&#232;mes chers &#224; Bola&#241;o.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Antonio Werli y &#233;voque par ailleurs &lt;em&gt;Le Trois&#232;me Reich&lt;/em&gt; dans son article &quot;Au-del&#224; l'espace transparent - Vision du corpus bola&#241;ien&quot;.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Toutes les informations concernant &lt;em&gt;Cyclocosmia &lt;/em&gt;se trouvent sur le site de la revue : &lt;a href=&quot;http://www.cyclocosmia.net/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(153, 51, 0);&quot;&gt;www.cyclocosmia.net&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Disponible le 9 f&#233;vrier par correspondance chez Cyclo, ou demandez-le &#224; votre libraire.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Voici le sommaire :&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img height='500' width='313' src=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/IMG/image/cyclo03-couverture.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style='height:500px;width:313px;' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;b&gt;CYCLOCOSMIA III&lt;br /&gt;
&lt;/b&gt;totem : &lt;em&gt;pseudoceros bifurcus&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
mots-clefs : nuit, couteau, d&#233;sert&lt;br /&gt;
dossier : Roberto Bola&#241;o&lt;br /&gt;
parution : 9 f&#233;vrier 2010&lt;br /&gt;
125 x 202 mm - 192 pages - 22 euros&lt;br /&gt;
ISBN : 978-2-918989-00-4&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;
Blason :&lt;br /&gt;
&lt;/b&gt;Julien Frantz : &quot;L'envers du r&#234;ve&quot;&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;&lt;br /&gt;
Invention &amp; Observation :&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
Carlos Henderson : &quot;Brisants&quot;&lt;br /&gt;
Delphine Merlin-Zimmer : &quot;Miettes pour Herman&quot;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot85&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(153, 51, 0);&quot;&gt;Horacio Castellanos Moya&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; : &quot;Deux souvenirs de Bola&#241;o&quot;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot238&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(153, 51, 0);&quot;&gt;Sergio Gonzalez Rodriguez&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; : &quot;Roberto Bola&#241;o zen&quot;&lt;br /&gt;
Eric Schwlad : &quot;[...]&quot;&lt;br /&gt;
&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.anagrama-ed.es/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(153, 51, 0);&quot;&gt;Jorge Herralde&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; : &quot;Vie &#233;ditoriale de Roberto Bola&#241;o&quot; suivi de &quot;Une esquisse bibliographique&quot; par Antonio Werli&lt;br /&gt;
Antonio Werli : &quot;Au-del&#224; l'espace transparent - Vision du corpus bola&#241;ien&quot;&lt;br /&gt;
Julien Frantz : &quot;Prosopop&#233;e pour anapocalypse&quot;&lt;br /&gt;
Eduardo Lago : &quot;La soif de mal - Au sujet de &lt;em&gt;2666&lt;/em&gt;&quot;&lt;br /&gt;
N&#233;stor Ponce : &quot;Chili noir - Du &lt;em&gt;Manifeste infrarr&#233;aliste&lt;/em&gt; &#224; &lt;em&gt;Nocturne du Chili&lt;/em&gt;&quot;&lt;br /&gt;
Fran&#231;ois Monti : &quot;A la gauche de Bola&#241;o&quot;&lt;br /&gt;
Eric Bonnargent : &quot;L'auberge espagnole de Roberto Bola&#241;o - Une lecture des &lt;em&gt;D&#233;tectives sauvages&lt;/em&gt;&quot;&lt;br /&gt;
Guillaume Vissac : &quot;Ernesto &amp; variantes&quot;&lt;br /&gt;
Ya&#235;l Ta&#239;eb : &quot;Bola&#241;o et Borges - Deux gauchos dans la distance&quot;&lt;br /&gt;
David Gondar : &quot;Samuel Augusto Sarmiento - A la poursuite de l'&#233;toile distante&quot;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot131&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(153, 51, 0);&quot;&gt;Rodrigo Fresan&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; : &quot;Le samoura&#239; romantique - Sur &lt;em&gt;Le secret du mal&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;La Universidad Desconocida&lt;/em&gt;&quot;&lt;br /&gt;
Joaquin Manzi : &quot;Bola&#241;o po&#232;te - &lt;em&gt;La Universidad Desconocida&lt;/em&gt; ou l'&#233;criture de la d&#233;pense&quot;&lt;br /&gt;
Horacio Castellanos Moya : &quot;Le mythe Bola&#241;o aux Etats-Unis&quot;&lt;br /&gt;
Alban Orsini : &quot;Martha le matin&quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;Illustrations :&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
Benjamin Monti : &quot;dessins&quot;&lt;br /&gt;
Lazare Bruyant : &quot;portraits&quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;Toth&#233;matique :&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot6&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(153, 51, 0);&quot;&gt;Roberto Bola&#241;o&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'histoire d'une obsession cach&#233;e derri&#232;re deux ou trois mensonges - Brian Evenson - P&#232;re des mensonges (Le Cherche Midi, coll. Lot 49, trad. H&#233;lo&#239;se Esqui&#233; - 2010) par Lazare Bruyant </title>
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		<dc:date>2010-02-01T00:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lazare Bruyant</dc:creator>


		<dc:subject>Litt&#233;rature nord-am&#233;ricaine</dc:subject>
		<dc:subject>Brian Evenson</dc:subject>

		<description>En voyant d&#233;barquer le recueil Contagion en 2005 on ne savait pas encore que Brian Evenson allait durablement marquer notre parcours de lecteurs avides de subtiles perversions. Lorsque suivirent Inversion (2006) puis La Confr&#233;rie des Mutil&#233;s (2008), on s'est dit qu'on ne voudrait surtout pas y &#233;chapper. P&#232;re des Mensonges, est sorti ces jours-ci. C'est en fait, des quatre, le plus ancien, en apparence le plus fluide &amp; d&#233;j&#224;, comme &#224; rebours, toutes les marottes du bonhomme sont l&#224;, qui annoncent (...)

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&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Cabinet de lectures&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature nord-am&#233;ricaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot177" rel="tag"&gt;Brian Evenson&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/IMG/arton533.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='78' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:78px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En voyant d&#233;barquer le recueil &lt;em&gt;Contagion&lt;/em&gt; en 2005 on ne savait pas encore que &lt;a href=&quot;http://fricfracclub.com/spip/spip.php?mot177&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(204, 0, 0);&quot;&gt;Brian Evenson&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; allait durablement marquer notre parcours de lecteurs avides de subtiles perversions. Lorsque suivirent &lt;em&gt;Inversion&lt;/em&gt; (2006) puis &lt;em&gt;La Confr&#233;rie des Mutil&#233;s&lt;/em&gt; (2008), on s'est dit qu'on ne voudrait surtout pas y &#233;chapper. &lt;em&gt;P&#232;re des Mensonges&lt;/em&gt;, est sorti ces jours-ci. C'est en fait, des quatre, le plus ancien, en apparence le plus fluide &amp; d&#233;j&#224;, comme &#224; rebours, toutes les marottes du bonhomme sont l&#224;, qui annoncent une &#339;uvre d&#233;rangeante, terriblement belle - belle d'une beaut&#233; trouble. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans une communaut&#233; qui ressemble sans aucun doute &#224; ce qu'Evenson a connu lorsqu'il &#233;tait mormon, Eldon Fochs, homme d'&#233;glise respectable &amp; respect&#233;, se rend chez un psychoth&#233;rapeute sous l'injonction de sa femme. Il fait des r&#234;ves assez perturbants, des crises de somnambulisme &amp; parle, dans son sommeil, avec une voix qui n'est pas la sienne. La perte de contr&#244;le est d&#233;j&#224; l&#224;. Tr&#232;s vite on d&#233;couvre que ses r&#234;ves concernent de jeunes enfants &amp; que Fochs y tient un r&#244;le inqui&#233;tant. Lorsqu'une petite fille est retrouv&#233;e assassin&#233;e, Feshtig, le psychoth&#233;rapeute, soup&#231;onne Fochs d'&#234;tre le coupable. Mais qu'en est-il de tous ces mauvais r&#234;ves ? Le sont-ils seulement ? L'&#201;glise fera tout ce qui est en son pouvoir pour &#233;touffer l'affaire. Voil&#224; pour le d&#233;cors.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les livres d'Evenson sont un peu comme les premi&#232;res secondes de&lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=nM975_Ld9S0&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(204, 0, 0);&quot;&gt; Blue Velvet&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;. Sous de beaux parterres de fleurs color&#233;es se cache un monde sombre, laid, grouillant d'insectes mangeurs de cadavres. En disant qu'il y a ici quelque chose de lynch&#233;en j'aurais certainement tout dit. Je pourrais ainsi voir vos t&#234;tes acquiescer d'un air entendu &amp; aller me coucher le c&#339;ur l&#233;ger. Les raccourcis &amp; les g&#233;n&#233;ralisations &#233;vitent parfois de long discours inutiles en allant &#224; ce que l'on voudrait &#234;tre essentiel. Parlant des livres d'Evenson, de tous les livres d'Evenson, c'est d&#233;j&#224; devenu une routine. &amp; pourtant... On peut facilement imaginer le genre d'effroi qu'un texte comme &lt;em&gt;P&#232;re des Mensonges&lt;/em&gt; a pu faire na&#238;tre dans les temples de Salt Lake City, ou m&#234;me simplement chez le lecteur am&#233;ricain moyen (si jamais le lecteur am&#233;ricain moyen existe &amp; qu'il a lu&lt;em&gt; Father of lies&lt;/em&gt;), rien qu'en observant ce qu'il est capable de chambouler en nous. La quatri&#232;me de couverture nous indique, &#233;trangement, que Evenson poursuit avec ce dernier livre son &#171; analyse critique du fait religieux &amp; de la violence spirituelle, psychologique &amp; sociale, que celui-ci peut susciter. &#187; Rappelons encore une fois, qu'ici, Evenson &lt;em&gt;commence &lt;/em&gt; presque ce travail d'analyse du fait religieux. &lt;em&gt;Altman's Tongue&lt;/em&gt;, son premier texte toujours indisponible en fran&#231;ais, fut publi&#233; en 1994, soit quatre avant notre affaire. Le bonhomme est &#224; l'&#233;chauffement. Ajoutons ensuite que derri&#232;re ce &#171; fait religieux &#187; c'est surtout l'histoire d'une certaine d&#233;connexion psychique &amp; humaine qui est auscult&#233;e, une dualit&#233; pi&#233;g&#233;e qui laisse &#233;clore un mal absolu &amp; quotidien dans un si joli jardin. En ce sens, Evenson r&#233;ussit admirablement l&#224; o&#249; &lt;a href=&quot;http://fricfracclub.com/spip/spip.php?article450&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(204, 0, 0);&quot;&gt;Velut&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; a laborieusement ram&#233;. Pas &#233;chou&#233;... ram&#233;.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_316 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.fricfracclub.com/spip/local/cache-vignettes/L250xH484/jezussx8-333be.jpg' width='250' height='484' alt=&quot;&quot; style='height:484px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier chapitre, qui se pr&#233;sente sous la forme d'un carnet de s&#233;ance, un peu comme ce que l'on trouve dans les &lt;em&gt;Cinq Psychanalyses&lt;/em&gt; de Freud, s'intitule &quot;Premi&#232;re Anamn&#232;se&quot;. C'est d'une pr&#233;cision sans faille qui nous envoie pourtant le nez aux quatre vents. En m&#233;decine, une anamn&#232;se est le r&#233;capitulatif m&#233;dical d'un patient, l'histoire de sa maladie en quelque sorte. En psychologie &amp;, en tirant un peu, en psychanalyse, c'est &#224; peu de chose pr&#232;s le m&#234;me couscous. Plus marrant en ce qui nous concerne, en liturgie, l'anamn&#232;se est la m&#233;moire retrouv&#233;e du Christ &amp; en &#233;sot&#233;risme, le m&#233;moire retrouv&#233;e de nos vies ant&#233;rieures. On pourrait, rien qu'avec ces quatre lignes, gloser pendant des heures sur l'impact de ce chapitre inaugural &amp; les cl&#233;s qu'il peut donner au lecteur au moment d'entrer dans l'univers/esprit de Fochs (le reste du roman). Voil&#224; aussi propos&#233;, d'une autre main, l'un des enjeux du roman, &#224; savoir l'irr&#233;m&#233;diable incompatibilit&#233; entre la foi religieuse &amp; le fait scientifique. Cette faille qui entra&#238;ne avec elle le d&#233;chirement total &amp; entier des personnages, de leurs psychologies, de leurs actes ou de ce qu'ils pensent &#234;tre comme tels &amp; dont le symbole ultime est Fochs lui-m&#234;me, ce p&#232;re des mensonges qui se verrait bien en feuille de papier pour ne pas savoir ce qu'il se passe sur l'autre face. Ce th&#232;me de la c&#233;sure (Feshtig note dans son carnet : &#171; [&#8230;] &lt;em&gt;Il a soulev&#233; des questions qui devaient r&#233;appara&#238;tre, le plus souvent sous forme camoufl&#233;e, lors des s&#233;ances suivantes &#8211; &#224; savoir le sentiment de d&#233;connexion (deux faces, l'une ne peut pas voir l'autre), sa d&#233;fiance &#224; l'&#233;gard de l'exp&#233;rience int&#233;rieure&lt;/em&gt; [&#8230;] &lt;em&gt;&amp; sa conception empirique du soi comme cr&#233;&#233; principalement par des forces externes (&#233;crire sur du papier), ce que l'&#201;glise ne partage pas&lt;/em&gt;. &#187;), du double, du jumeau mal&#233;fique &amp; tentateur r&#233;appara&#238;t dans toute l'&#339;uvre d'Evenson. Fochs, en plus d'&#234;tre conscient de sa dualit&#233; (l'image d'un homme d'&#233;glise respectable &amp; celle d'un meurtrier p&#233;dophile qui n'essaie &#224; aucun moment de refouler), se voit dot&#233; d'un myst&#233;rieux personnage &#224; la t&#234;te ensanglant&#233;, incarnation diabolique, mauvaise conscience qui l'entra&#238;nera toujours plus profond. Dans &lt;em&gt;Inversion&lt;/em&gt;, ce r&#244;le &#233;tait tenu par le demi-fr&#232;re de Rudd, Lael. Dans la &lt;em&gt;Confr&#233;ries des Mutil&#233;s&lt;/em&gt; la d&#233;connexion corporelle &amp; psychologique &#233;tait pouss&#233;e &#224; son paroxysme le plus litt&#233;ral, le plus brutal. Cette impossibilit&#233; de connexion totale &amp; salvatrice est d'autant plus violente que les personnages vivent dans le credo de la religion &amp; sont, &lt;em&gt;de facto&lt;/em&gt;, soumis &#224; un r&#233;gime vertueux balis&#233; &#224; l'exc&#232;s. Le contraste ne peut &#234;tre que saisissant &amp; la pilule dure &#224; avaler pour certains. La foi ob&#233;it avant tout &#224; une logique de d&#233;sir non &#224; une logique de v&#233;rit&#233;. Chez Evenson l'&#201;glise est un &#233;tat totalitaire qui &#233;touffe toute vell&#233;it&#233; de penser par soi m&#234;me, d'aller contre ou simplement de douter. Les dissidents sont vite &#233;cart&#233;s, excommuni&#233;s (les deux m&#232;res des enfants viol&#233;s par Fochs, Feshtig, Evenson lui-m&#234;me, &#224; cause de ses textes) par le c&#233;l&#232;bre bushisme : Ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous. Ainsi, malgr&#233; tous ses crimes, Fochs ne sera jamais inqui&#233;t&#233; par ses sup&#233;rieurs. Parmi les p&#233;ch&#233;s &amp; les mensonges l'&#201;glise n'oublie jamais o&#249; sont ses int&#233;r&#234;ts. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt; Pour conclure un peu trop rapidement &amp; en repensant aux atrocit&#233;s commises par Fochs, &#224; la mani&#232;re rationnelle avec laquelle elles ont &#233;t&#233; perp&#233;tr&#233;es, on peut se demander si la religion n'est pas (aussi) ce refuge &#233;vident &#224; la folie, o&#249; tout ou presque est amend&#233; par les sacro saintes voies imp&#233;n&#233;trables de Dieu. Ce qui est int&#233;ressant c'est la mani&#232;re dont Fochs les utilise pour violer &amp; tuer. A aucun moment il ne ressent la moindre culpabilit&#233;, faisant presque passer ses forfaits pour la chose la plus naturelle qui soit, utilisant son autorit&#233; sur les membres de la communaut&#233;, r&#233;v&#233;lant pour le coup la duplicit&#233; ontologique du fait religieux qui rev&#234;t une dimension politique (&lt;em&gt;plot&lt;/em&gt;-itique pour faire un mauvais jeu de mots) plus proche de l'intrigue &amp; du mensonge que du bien de la cit&#233; de Dieu (&amp; de deux). Le meilleur levier dont dispose Fochs est justement cette culpabilit&#233;, cette peur de p&#233;cher face &#224; Dieu dont il est totalement exempt&#233;.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Suivant les lignes sublimes &amp; pi&#233;g&#233;es du&lt;em&gt; Pont de l'Alma&lt;/em&gt; , dont il est souvent question ces derniers temps, me revient une parole de Mons, le peintre monstrueux de &lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot146&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(204, 0, 0);&quot;&gt;R&#237;os&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; : &quot;&lt;em&gt;Il nous arrive &#224; tous de nous tromper plus ou moins dans nos jugements rapides mais il ne faut pas oublier que l'obsession d'un artiste, qu'il ait ou non raison, est &lt;/em&gt;sa&lt;em&gt; v&#233;rit&#233;. La cr&#233;ation de l'artiste, que cela plaise ou non, &lt;/em&gt;est&lt;em&gt; fanatique&lt;/em&gt;.&quot; A l'aune de ceci&lt;em&gt; P&#232;re des mensonges&lt;/em&gt; est, pourrait-on dire, un &#233;claireur discret en amont du corpus evensonnien, sans doute moins marquant que ses successeurs mais annon&#231;ant d&#233;j&#224; un auteur singulier par son parcours &amp;, donc aussi un peu, par sa langue &amp; ses obsessions. Peut &#234;tre d&#233;j&#224; un grand auteur ? On dit souvent que l'on reconnait un v&#233;ritable artiste au fait que son univers est unique, qu'il commence &#224; &#234;tre copi&#233;... qu'il fait &#233;cole. On pourrait aussi voir les choses d'une autre mani&#232;re en ce qui concerne Brian Evenson : c'est une lapalissade que d'affirmer que ses romans ont quelque chose de lynch&#233;en. C'est aussi, tr&#232;s certainement , fausser le jugement que l'on pourrait en avoir. Mais il me semble encore plus utile de dire combien ces textes sont fascinants. S'en priver serait p&#233;cher... m&#234;me si les couvertures de la collection Lot 49 sont de plus en plus moches.&lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Toi m&#234;me tu sais - Josselin Bordat &amp; Basile Farkas - Dictionnaire de la mauvaise foi musicale (Chiflet et Cie) par Thomas Bausardo </title>
		<link>http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?article540</link>
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		<dc:date>2010-01-28T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Bausardo</dc:creator>


		<dc:subject>Josselin Bordat</dc:subject>
		<dc:subject>Basile Farkas</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>

		<description>&#171; La vie sans musique est une erreur &#187;. Cette petite phrase attribu&#233;e &#224; Nietzsche est &#224; la musique ce que la t&#234;te s&#233;rigraphi&#233;e d'Ernesto Guevera sur t-shirts, mugs et autre posters de midinettes et autres rebelles fumeurs de ganja fans de Sinclair est &#224; la r&#233;bellion contre l'ordre &#233;tabli. Elle doit orner un bon nombre de blogs musicaux et doit servir de r&#233;f&#233;rence intellectuelle &#224; tous ceux qui n'ont pas encore r&#233;alis&#233; que le silence &#233;tait aussi, sinon plus, important que le bruit qui sortait de leurs (...)

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&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Cabinet de lectures&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot365" rel="tag"&gt;Josselin Bordat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot366" rel="tag"&gt;Basile Farkas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot367" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/IMG/arton540.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='113' class='spip_logos' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div&gt;&lt;span class='spip_document_318 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:350px;' &gt;
&lt;img src='http://www.fricfracclub.com/spip/local/cache-vignettes/L350xH500/DICO-MAUVAISE-FOI_1-350x500-bff5a.jpg' width='350' height='500' alt=&quot;&quot; style='height:500px;width:350px;' /&gt;&lt;/span&gt; &#171; La vie sans musique est une erreur &#187;. Cette petite phrase attribu&#233;e &#224; Nietzsche est &#224; la musique ce que la t&#234;te s&#233;rigraphi&#233;e d'Ernesto Guevera sur t-shirts, mugs et autre posters de midinettes et autres rebelles fumeurs de ganja fans de Sinclair est &#224; la r&#233;bellion contre l'ordre &#233;tabli. Elle doit orner un bon nombre de blogs musicaux et doit servir de r&#233;f&#233;rence intellectuelle &#224; tous ceux qui n'ont pas encore r&#233;alis&#233; que le silence &#233;tait aussi, sinon plus, important que le bruit qui sortait de leurs &#233;couteurs. &lt;br /&gt;
On se dit que cette phrase aurait tr&#232;s bien servir d'exergue au &lt;em&gt;Dictionnaire de la Mauvaise foi Musicale&lt;/em&gt; de Josselin Bordat et Basile Farkas, bref mais lib&#233;rant petit br&#233;viaire du zeitgeist musical de ces 40 derni&#232;res ann&#233;es. Avec une nette orientation sur ces vingt derni&#232;res ann&#233;es (la mode est aux bilans de fin de d&#233;cades, et tristes sommes-nous de constater que cela va faire vingt ans que les&lt;em&gt; horribili anni&lt;/em&gt; 90 (comme toutes les d&#233;cennies qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; et qui suivront, cela va sans dire) ont commenc&#233;, sur la trace flamboyante laiss&#233;s par les restant de coca&#239;ne ornant les rebords de lavabos de toute boite de nuit qui se respecte. Avec une nette orientation sur tout ce qui tourne autour du rock. &lt;br /&gt;
S&#233;rie de d&#233;finitions aussi dr&#244;les que parfois s&#233;rieuses, ne reculant devant aucun calembour ni jeu de mot vaseux, ne reculant devant aucune r&#233;f&#233;rence absconse comme autant de clins d'&#339;il &#224; ceux qui auront lu la presse musicale plut&#244;t mainstream, aux enthousiasmes &#233;ph&#233;m&#232;res et au discours irr&#233;m&#233;diablement vide de ces derni&#232;res ann&#233;es (les deux auteurs savent de quoi ils parlent) dont ils reprennent les clich&#233;s un par un pour montrer toute la vacuit&#233; d'une critique musicale qui d&#233;crit tout sauf la musique, qui n'essaie en aucun cas de faire sens de ce qui est produit mais essaie du plus ou moins bien vendre un produit plus ou moins bien &#233;cout&#233;, abandonnant l'id&#233;e m&#234;me que la musique est un art et que nos oreilles aussi sensibles que nos yeux.&lt;br /&gt;
La &#171; Mauvaise Foi &#187; musicale ce sont aussi tous ces petits morceaux de trivia que l'on conna&#238;t sans conna&#238;tre, ces morceaux, ces coupes de cheveux, ces clips pourris estampill&#233;s MTV ou plus artisanaux, sur fonds verts, ann&#233;es 80 exp&#233;rimentatrices acides des couleurs criardes et des &#233;paulettes, stroboscopisme, tous ces petits faits qui nous rappellent des souvenirs que nous ne pouvons pas avoir eus et tous ceux que nous sommes en train de nous faire. La mauvaise foi, c'est l'ironie que nous mettons en les &#233;voquant ces petits faits paramusicaux, pour nous la raconter un peu, mais aussi pour montrer que la musique et le rock dans toutes ses d&#233;clinaisons en particulier n'est pas r&#233;ductible &#224; elle m&#234;me, en bien ou en mal mais proc&#232;de d'un affect compos&#233; d'images plus ou moins vivaces (plus ou moins profondes&#8230;.) qui entourent ce que nous &#233;coutons et avons &#233;cout&#233; a pu d&#233;velopper un folklore plus moins &#233;labor&#233;, plus ou moins marquant. Ce second degr&#233; tant revendiqu&#233; est en fait la marque affich&#233;e de la plus grande tendresse dans l'acceptation de notre propre cr&#226;nerie accumulatrice de faits inutiles fa&#231;on Question Pour un Champion et triviale poursuite de cet &#233;l&#233;ment qui transforme tout morceau en autre chose que lui-m&#234;me. &lt;em&gt;November Rain&lt;/em&gt; des Guns N Roses serait-elle la m&#234;me chanson sans son &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x7fyc9_guns-n-roses-november-rain_music&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(255, 102, 0);&quot;&gt;clip grandiloquent&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, ses mouvements de camera os&#233;s et incoh&#233;rents autour d'un Slash martyrisant sa Les Paul en face d'une petite chapelle blanche dans le d&#233;sert le temps d'un solo h&#233;ro&#239;que qui n'a que d'&#233;gal les nappes de violons sur les quelques mauvaises notes de piano s'imprimant sous la voix nasillarde d'Axel, sous son bandana et ses lunettes rondes color&#233;es &#224; la Lennon e tout servi par des lyrics &#224; la limite de la nanardise (d'aucuns consid&#232;rent que l'expression des sentiments tels qu'un enfant de 8 ans pourrait les exprimer comme de la sensibilit&#233;, d'o&#249; le &#171; presque &#187;). Cette chanson serait-elle la m&#234;me sans ce clip ? C'est tout cet ensemble qui fait que la chanson est g&#233;niale et purement inoubliable, n'est-ce pas ? Et donc tous les d&#233;tails du clip pr&#233;c&#233;demment &#233;voqu&#233;s en sont partie int&#233;grante. Il n'est pas question de la qualit&#233; de la musique, mais de tout ce qu'on conna&#238;t (et dans toutes ces entr&#233;es, laquelle m&#233;rite r&#233;ellement le label &#171; indispensable &#187;) sur la musique et le rock, plus que toute autre musique peut &#234;tre a su d&#233;velopper par tous les moyens mis &#224; sa disposition, une mythologie de l'inutile, de l'&#233;ph&#233;m&#232;re lui octroyant, en plus d'elle m&#234;me un semblant d'&#226;me. &lt;br /&gt;
On rit donc beaucoup en lisant ce dictionnaire bien rang&#233; et mal fam&#233;, on rit parce qu'on retrouve des choses que l'on connait et que l'on croyait que personne d'autre ne connaissait, des groupes &#233;ph&#233;m&#232;res dont on a pourtant les disques et qui sans faire partie de quelconque panth&#233;on personnel ont marqu&#233; &#224; leur fa&#231;on. On retrouve des discussions qu'on a eues mille fois, des co&#239;ncidences jamais relev&#233;es, et des milliers de petites choses qui ont cr&#233;e et font vivre le rock.&lt;br /&gt;
L'ensemble est bien &#233;videmment futile et superficiel, autant critique d'un discours que nostalgie d'une parole cr&#233;atrice qui ajouterait quelque chose &#224; ce qu'elle se propose d'&#233;tudier, qu'accumulation vacharde et enjou&#233;e. On trouve tout et n'importe quoi, avec une pr&#233;f&#233;rence pour cette derni&#232;re cat&#233;gorie. On y trouve aussi de quoi alimenter de savanteries une centaine d'autres discussions possibles. Une l&#233;g&#232;ret&#233; bienvenue, cela va sans dire.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ruminations johnsoniennes - Jonathan Coe - B.S. Johnson, histoire d'un &#233;l&#233;phant fougueux (Quidam - 2010 Trad. V. Guignery) &amp; Vanessa Guignery - Ceci n'est pas une fiction (PUPS - 2009) par Fran&#231;ois Monti </title>
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		<dc:date>2010-01-26T23:46:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Monti</dc:creator>



		<description>Il faudrait interdire les bios d'&#233;crivains. Rien de bon ne peut en surgir. C'est un parasitage en r&#232;gle de l'&#339;uvre, une d&#233;mystification mystificatrice, une supercherie, un d&#233;voilement du voile de l'artifice. Une horreur. Je mens. Je mens parce que. Parce que eh bien parce que la biographie de B. S. Johnson par Jonathan Coe est tr&#232;s bonne et m&#234;me tr&#232;s bizarre. Mais je lui en veux : elle m'a fait voir des choses que je ne voulais pas voir, aussi bien sur Johnson que sur mon moi de lecteur. (...)

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&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Bureau Electrique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/IMG/arton550.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='126' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:126px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div&gt;Il faudrait interdire les bios d'&#233;crivains. Rien de bon ne peut en surgir. C'est un parasitage en r&#232;gle de l'&#339;uvre, une d&#233;mystification mystificatrice, une supercherie, un d&#233;voilement du voile de l'artifice. Une horreur.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Je mens.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Je mens parce que. Parce que eh bien parce que la biographie de B. S. Johnson par Jonathan Coe est tr&#232;s bonne et m&#234;me tr&#232;s bizarre. Mais je lui en veux : elle m'a fait voir des choses que je ne voulais pas voir, aussi bien sur Johnson que sur mon moi de lecteur.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Permettez-moi de faire un d&#233;tour par Nabokov. Aussi bien dans &lt;i&gt;Speak, memory&lt;/i&gt; que dans ses articles et entretiens (repris dans &lt;i&gt;Strong opinions&lt;/i&gt;) &lt;i&gt; &lt;/i&gt;ou dans la biographie de Brian Boyd, il est difficile d'&#233;chapper &#224; la constatation de l'insupportable arrogance (ou, au mieux, de la certitude de sa destin&#233;e unique) de Vladimir, sa toute puissante conviction qu'il est un g&#233;nie, un des rares, un des vrais. Mais ce n'est pas grave. Ce n'est pas grave parce qu'en l'occurrence, c'est juste. La pr&#233;tention est difficile &#224; accepter, mais quand on a face &#224; soi celui qui a &#233;crit &lt;i&gt;Lolita&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Feu p&#226;le&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Ada&lt;/i&gt;, autant se rendre &#224; l'&#233;vidence, n'est-ce pas&#8230; C'est tellement vrai que m&#234;me quand il se trompe, on est sid&#233;r&#233; par l'intelligence. Son rejet du Quichotte est, ind&#233;niablement, une erreur. Pourtant, sa lecture sur les aventures d'Alonso Quijano en apprendra beaucoup au plus ind&#233;crottable des amateurs de Cervant&#232;s.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Bref, revenons &#224; Johnson.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;span class='spip_document_323 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.fricfracclub.com/spip/local/cache-vignettes/L485xH355/johnson1-789541-3b019.gif' width='485' height='355' alt=&quot;&quot; style='height:355px;width:485px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;i&gt;B.S. Johnson, histoire d'un &#233;l&#233;phant fougueux&lt;/i&gt; est plein de moments embarrassants : les lettres que Johnson envoie &#224; ses &#233;diteurs, ses agents, ses imprimeurs. C'est tr&#232;s dur &#224; lire. C'est vraiment tr&#232;s tr&#232;s dur de lire l'assurance incroyable, la pr&#233;tention inou&#239;e, l'intime conviction qu'il est, si pas le plus grand presque, en tout cas l'un des &#233;crivains les plus importants du Royaume-Uni, nay, du monde. Et le pire, le pire dans tout &#231;a, c'est que c'est faux, compl&#232;tement faux. Et le pire, le pire pour moi, c'est qu'une grande part de l'affection ou m&#234;me de la tendresse ressentie pour B.S. Johnson et son &#339;uvre vient ind&#233;niablement de la tension cr&#233;&#233;e par le fait qu'il &#233;tait le cul entre deux chaises, toujours un peu d&#233;pass&#233; et d&#233;mod&#233;, fragile, plein de questions et de doutes. Voir ce qui semble transpara&#238;tre de ses romans voler en &#233;clat &#224; cause de ce qui semble transpara&#238;tre de sa personnalit&#233; publique est &#233;trange et douloureux.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Mais il faut se ressaisir parce qu'on a quand m&#234;me aim&#233; ses livres pour ce qu'ils sont, et pas sur la base d'une extrapolation de sa vie priv&#233;e. Le probl&#232;me, &#233;videmment, c'est que Johnson, d'une certaine fa&#231;on, encourage cette d&#233;rive. Lui qui pr&#233;tendait refuser la fiction car mensong&#232;re pour se tourner vers l'&#233;criture, &#224; m&#234;me d'amener la v&#233;rit&#233;, causait, sans doute aucun, de lui-m&#234;me. De ce point de vue, la biographie de Coe est salvatrice car elle remet clairement en &#233;vidence que m&#234;me dans ses romans vrais, la fiction r&#233;gnait. Tout aussi capital, allant m&#234;me plus loin dans ce domaine pr&#233;cis : &lt;i&gt;Ceci n'est pas une fiction&lt;/i&gt;, l'essai consacr&#233; &#224; Johnson par Vanessa Guign&#233;ry, traductrice de la biographie de Coe. Ce sont d'ailleurs deux livres qui, hormis d'in&#233;vitables r&#233;p&#233;titions, se compl&#232;tent admirablement bien : &#224; Coe la vie, &#224; Guignery l'&#339;uvre. Comble du bonheur : bien que ce soit un livre universitaire et qu'il manie des concepts parfois arides pour qui &#233;volue hors des sph&#232;res acad&#233;miques, &lt;i&gt;Ceci n'est pas une fiction &lt;/i&gt;est une &#233;tude &#224; la fois accessible et int&#233;ressante.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;On a souvent dit (moi inclus) que B.S. Johnson n'&#233;crivait pas de livres formellement vraiment &#233;tranges, que son innovation n'&#233;tait pas si innovante que &#231;a. Lui &#233;tait convaincu du contraire, et une des choses qui ressort de la bio de Coe, c'est bien que Johnson &#233;tait un grand provincial pas vraiment au courant de ce qui se passait ailleurs qu'en Angleterre. Il s'inscrivait dans la tr&#232;s vieille lign&#233;e d'auteurs dont se revendiquent certains des plus grands aventuriers litt&#233;raires de cinquante derni&#232;res ann&#233;es, mais son horizon contemporain ne d&#233;passait pas Beckett et le nouveau roman fran&#231;ais. Il parait incroyable de constater que le premier livre de Johnson (&lt;i&gt;Travelling people&lt;/i&gt;, toujours in&#233;dit dans notre langue) a &#233;t&#233; publi&#233; la m&#234;me ann&#233;e que &lt;i&gt;V. &lt;/i&gt;ou &lt;span style=&quot;color: rgb(128, 0, 0); &quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&quot;http://fricfracclub.com/spip/spip.php?article215&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(128, 0, 0); &quot;&gt;Marelle&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;, et que le dernier en libraire de son vivant (&lt;span style=&quot;color: rgb(128, 0, 0); &quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?article129&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(128, 0, 0); &quot;&gt;Christie Malry r&#232;gle ses comptes&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;) vient peu de temps apr&#232;s &lt;i&gt;Gravity's rainbow&lt;/i&gt;. Je dis que c'est incroyable parce qu'il s'agit de livres formellement bien plus r&#233;ussis que les exp&#233;rimentations de Johnson et qu'il n'avait apparemment pas vraiment conscience de leur existence &#8211; ni de celle de Borges ! Jonathan Coe met tr&#232;s bien en avant ce qui, dans les innovations johnsoniennes, n'&#233;tait pas vraiment innovation (les pages noires, le livre al&#233;atoire, etc). Johnson aurait r&#233;pondu, comme il le faisait face au fait que son premier roman reprenait une technique joycienne, qu'il avait &#171; am&#233;lior&#233; &#187; la m&#233;thode, que le r&#233;sultat obtenu &#233;tait meilleur. Rien de moins&#8230; (Ce qui, d'ailleurs, en dit pas mal sur la valeur qu'il donnait &#224; ses &#233;crits puisque, selon lui, Joyce &#233;tait l'Einstein du roman.) Il disait aussi souvent qu'on ne pouvait plus &#233;crire de la m&#234;me fa&#231;on qu'on le faisait avant &lt;i&gt;Ulysses&lt;/i&gt; mais on a un peu l'impression qu'il disait en fait qu'il fallait &#233;crire dans la lign&#233;e Sterne-Joyce-Beckett alors que le vrai probl&#232;me me semble plut&#244;t &#234;tre autre : il y a ceux qui se disent grands amateurs de Joyce mais qui &#233;crivent comme si Joyce n'avait jamais exist&#233; et puis il y a ceux qui d&#233;cident d'&#233;crire comme Joyce. Pour faire honneur &#224; Joyce, &#224; Borges, &#224; Sterne, &#224; Cervant&#232;s, bref &#224; tous les grands auteurs, il s'agit surtout de rompre avec eux. La solution n'est ni dans l'identification ni dans le rejet oedipal. Il s'agit de tracer sa route. C'est, &#224; mon sens, une des grandes diff&#233;rences entre Johnson et un &lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot7&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(128, 0, 0); &quot;&gt;Pynchon&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, par exemple. Ceci dit, un des grands m&#233;rites de l'essai de Vanessa Guignery, un des avantages qu'il a sur la biographie est bien d'apporter une r&#233;ponse &#224; ceux qui disent &#171; d&#233;j&#224; vu, d&#233;j&#224; lu &#187;. C'est une r&#233;ponse subtile qui, plut&#244;t qu'une d&#233;fense opini&#226;tre de la radicalit&#233; de Johnson, est un &#171; oui, mais&#8230; &#187; des plus pertinents. De fait, la &#171; nouveaut&#233; &#187; ressemble toujours &#224; ce qu'il y avait avant et il faut aller souvent voir dans les d&#233;tails pour appr&#233;hender l'apport r&#233;el. Un rejet du revers de la main serait donc inopportun.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;En dehors m&#234;me de l'appr&#233;ciation sur le succ&#232;s, il convient cependant d'examiner la r&#233;ussite des options narratives.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Laissez-moi faire un petit d&#233;tour madril&#232;ne pendant deux secondes. Depuis quelques mois, la capitale espagnole connait une grande mode du gin tonic. Mais plut&#244;t que demander un G'Vine et tonic ou un Hendricks et tonic, le client demande &#171; celui avec le raisin &#187; ou &#171; celui avec le concombre &#187; ou &#171; celui avec la menthe &#187; alors que certains gin sont meilleurs avec la bonne vieille rondelle de citron vert. Qu'importe : ce qui compte c'est la particularit&#233;, pas vraiment le go&#251;t. Un p&#233;tale de rose plut&#244;t qu'un citron vert. Plus original. Parfois, l'exp&#233;rimentation formelle est une distraction. On parlera du livre avec les trous ou du livre dans la bo&#238;te. Mais est-ce que les trous d'&lt;span style=&quot;color: rgb(128, 0, 0); &quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?article92&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(128, 0, 0); &quot;&gt;Albert&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?article259&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(128, 0, 0); &quot;&gt;Angelo&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, au-del&#224; d'une &#233;ventuelle bizarrerie, contribuent vraiment &#224; la qualit&#233; du livre ? Je ne le pense pas. Est-ce que les carnets non-reli&#233;s des &lt;i&gt;Malchanceux &lt;/i&gt;fonctionnent ? Je pense qu'ils fonctionnent au d&#233;triment du r&#233;cit.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;L'&#233;criture presque beckettienne de &lt;span style=&quot;color: rgb(128, 0, 0); &quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?article117&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(128, 0, 0); &quot;&gt;Chalut&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(128, 0, 0); &quot;&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;et les mots de plus en plus rares de &lt;i&gt;&lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?article129&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(128, 0, 0); &quot;&gt;R.A.S. infirmi&#232;re-chef&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; fonctionnent parfaitement. Ils sont indissociables du fond, ils en maximalisent l'impact. &lt;i&gt;Albert Angelo &lt;/i&gt;resterait un bon livre devenu excellent par la gr&#226;ce de sa conclusion-confession, m&#234;me s'il n'y avait pas de trous. Pour &lt;i&gt;Les malchanceux&lt;/i&gt;, je suis assez d'accord avec Coe lorsqu'il dit que Johnson a rat&#233; son pari contre la lin&#233;arit&#233; : les raccords pour garantir une certaine coh&#233;rence sont trop nombreux et trop &#233;vidents. Je crois que &lt;a href=&quot;http://fricfracclub.com/spip/spip.php?mot36&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(128, 0, 0); &quot;&gt;Robert Coover&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; a encore r&#233;cemment prouv&#233; qu'il y avait moyen de faire &#231;a plus subtilement dans un r&#233;cit en forme de carte &#224; jouer. En plus, Johnson voulait tr&#232;s litt&#233;ralement reproduire le m&#233;canisme erratique de la pens&#233;e mais il ne s'en rapproche absolument pas : ce qu'on a, quel que soit l'ordre de lecture, c'est un roman, de toute &#233;vidence un roman, aux chapitres m&#233;lang&#233;s. Il semblerait que Johnson n'ait pas voulu aller plus loin que son id&#233;e, comme si le simple fait de ne pas relier le livre suffisait. Eh bien, non. Enfin, le cas &lt;i&gt;Christie Malry r&#232;gle ses comptes&lt;/i&gt; est plus compliqu&#233; : il fonctionne comiquement, mais comme m&#233;taphore politique du capitalisme c'est un &#233;chec car, pas plus que le march&#233; n'est dirig&#233; par une main invisible, le syst&#232;me n'oppose pas un d&#233;bit &#224; chaque cr&#233;dit.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Si j'aime Johnson, si je le place tr&#232;s haut, c'est n'est pas pour ses tentatives formelles. C'est parce que Johnson disait atteindre la v&#233;rit&#233; dans son &#233;criture, qu'il voulait &#233;crire des romans vrais, des romans sans fictions. Un d&#233;sir impossible &#224; combler. Une utopie compl&#232;te. Mais les utopies, insupportables politiquement (lire John Gray), c'est peut-&#234;tre ce qu'il y a de plus beau en litt&#233;rature. Ce d&#233;sir absolu, total, cette tentative d'atteindre ce qui est inatteignable, cette obligation in&#233;vitable de r&#233;aliser l'impossible met &#224; jour une fragilit&#233; et une tension qu'il me serait impossible d'ignorer, qu'il me serait impossible de rejeter. Il y a quelque chose de quichottesque dans l'ambition de Johnson, c'est la transformation de l'hidalgo en &#233;crivain. Particuli&#232;rement poignante, cette conviction, cet engagement pour la v&#233;rit&#233; &#224; une &#233;poque o&#249; se propage (si pas se popularise) l'id&#233;e que la v&#233;rit&#233; n'existe pas, pas plus que la r&#233;alit&#233;. B.S. Johnson, c'est une course &#224; contre-courant &#224; l'ambition avant-gardiste dans une forme qui en principe s'oppose absolument &#224; tout d&#233;sir d'un vrai exprim&#233; directement. Cette course n'est pas belle que parce qu'elle est perdue : elle est belle parce que Johnson est un vrai &#233;crivain, un mec qui avait une voix, une voix qui n'a peut-&#234;tre jamais &#233;t&#233; plus splendide, plus &#233;mouvante, plus puissante que dans &lt;i&gt;Chalut&lt;/i&gt;, sans doute sa plus grande r&#233;ussite.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Je pourrais arr&#234;ter ici, mais on vous a promis un article sur la biographie &#233;crite par Jonathan Coe et, hormis quelques allusions, vous avez eu le d&#233;lire d'un lecteur. Revenons rapidement au sujet avant de se dire vraiment au revoir.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;span class='spip_document_324 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.fricfracclub.com/spip/local/cache-vignettes/L480xH326/472_34_jonathan_coe-747d0.jpg' width='480' height='326' alt=&quot;&quot; style='height:326px;width:480px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;A part ce qui est r&#233;v&#233;l&#233; des ambitions et opinions de B.S. Johnson, plusieurs choses font de &lt;i&gt;B.S. Johnson, histoire d'un &#233;l&#233;phant fougueux&lt;/i&gt; une lecture essentielle. Coe a eu acc&#232;s &#224; une documentation impressionnante qui se retrouve en partie telle quelle dans le volume, ce qui est particuli&#232;rement r&#233;v&#233;lateur pour le lecteur francophone. Hormis la correspondance avec des amis, des &#233;diteurs, des agents ou des critiques et les extraits de romans d&#233;j&#224; disponibles dans notre langue, il y a en effet aussi et surtout des passages toujours &#224; traduire, des po&#233;sies, des articles et m&#234;me les quelques pages d'ouverture de &lt;i&gt;Albert Angelo&lt;/i&gt; que Johnson avait fait sauter avant publication. D&#233;j&#224; rien que &#231;a.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Coe parvient aussi &#224; d&#233;busquer quelque chose qui surprendra sans doute la plupart des lecteurs : l'influence capitale sur Johnson de &lt;i&gt;La d&#233;esse blanche &lt;/i&gt;de Robert Graves (&#233;norme influence sur &lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?mot10&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(128, 0, 0); &quot;&gt;Gaddis&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; aussi, d'ailleurs), sa superstition et sa conviction d'avoir rencontr&#233; la d&#233;esse lors d'un s&#233;jour au Pays de Galles. Sa mise en &#233;vidence d'une amiti&#233; extr&#234;mement importante et particuli&#232;rement trouble avec un certain Michael Bannard est &#233;galement bienvenue.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Mais ce qui m'aura le plus touch&#233; dans le Johnson de Coe, c'est bien l'intervention de Coe lui-m&#234;me dans le texte. Ce n'est pas une biographie classique : on sent Coe tiraill&#233; et &#233;mu, faisant part de ses questions, de ses doutes et de ses col&#232;res au lecteur, tentant et refusant &#224; la fois de donner une explication, un sens type cause &#224; effet &#224; sa vie. Coe doute surtout de la pertinence de se lancer dans une telle entreprise (presque une d&#233;cennie, quand m&#234;me), alors que ses opinions et optiques litt&#233;raires sont aujourd'hui tr&#232;s &#233;loign&#233;es de celles de Johnson. Mais quelqu'un comme Iain Sinclair (dont je pr&#233;f&#232;re la litt&#233;rature &#224; celle de Coe), pour prendre un exemple improbable, aurait &#233;t&#233;, de par ses propres options exp&#233;rimentales, incapable de voir au-del&#224; du d&#233;j&#224;-vu et du d&#233;j&#224;-lu. Il se serait sans doute, comme Peter Ackroyd dans une critique de 1975 (&#171; &#8216;exp&#233;rimentation' lamentable archa&#239;que &#187;), fourvoy&#233; &#224; ne pas savoir voir ce qu'il y avait derri&#232;re. Peut-&#234;tre fallait-il quelqu'un qui a vu et qui est revenu, quelqu'un comme Coe donc, pour donner &#224; Johnson sa juste dimension. De plus, dans une litt&#233;rature aussi r&#233;tive &#224; l'avant-garde que la Britannique, o&#249; on consid&#232;re os&#233;es les minableries de Steven Hall ou les romans rat&#233;s de David Mitchell ; o&#249; on h&#233;site &#224; publier &lt;a href=&quot;http://fricfracclub.com/spip/spip.php?mot161&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(128, 0, 0); &quot;&gt;Josipovici&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; (dont un des derniers romans a d'abord &#233;t&#233; disponible en Allemagne, c'est dire) ; et o&#249; on a parfois l'impression que Sinclair et Alasdair Gray sont consid&#233;r&#233;s comme des originaux int&#233;ressants avant tout pour leurs options politiques plut&#244;t que pour leur &#233;criture ; dans un tel pays donc il fallait sans doute que ce soit un auteur de la bonne vieille &#233;cole, au succ&#232;s commercial certain, qui s'attaque &#224; la b&#234;te du roman vrai.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Je ne voudrais pas mettre de mots dans la bouche de Jonathan Coe, mais j'ai parfois l'impression que lorsqu'il se demande s'il est vraiment la personne appropri&#233;e pour ce travail, la vraie question c'est : pourquoi est-ce que je ressens de l'affection pour l'&#339;uvre de Johnson ? De l&#224; &#224; dire que cette bio est sa tentative de r&#233;ponse&#8230; Ce qui est certain, c'est que je me pose aussi cette question : pourquoi cette affection pour Johnson ? Je ne suis pas plus pr&#232;s d'une r&#233;ponse apr&#232;s avoir lu &lt;i&gt;B.S. Johnson, histoire d'un &#233;l&#233;phant fougueux&lt;/i&gt; mais j'ai peut-&#234;tre compris d&#233;finitivement qu'aimer Johnson n'&#233;tait pas une affaire rationnelle ou rationalisable : c'est affaire de sentiments. &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les ann&#233;es 2000 du FFC par Fran&#231;ois Monti </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Monti</dc:creator>



		<description>Sur suggestion de Joseph Ghosn, le FFC s'est brainstorm&#233; afin de fournir quelques pistes de lectures 2000-2009. Bien entendu, cette liste n'a pas d'ordre pr&#233;cis et il manque beaucoup de choses. Contrairement &#224; nos bilans de fin d'ann&#233;e, il n'y a pas eu premier tour de votes et second et troisi&#232;me et six m&#233;thodes de calcul diff&#233;rentes et enfin apr&#232;s deux bagarres &#224; coups de chaines de v&#233;lo, un accord Dieu merci. Non, cette fois-ci, c'est du good clean fun et c'est l&#224; : Les ann&#233;es 2000 du (...)

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&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;Br&#232;ves&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div&gt;Sur suggestion de Joseph Ghosn, le FFC s'est brainstorm&#233; afin de fournir quelques pistes de lectures 2000-2009. Bien entendu, cette liste n'a pas d'ordre pr&#233;cis et il manque beaucoup de choses. Contrairement &#224; nos bilans de fin d'ann&#233;e, il n'y a pas eu premier tour de votes et second et troisi&#232;me et six m&#233;thodes de calcul diff&#233;rentes et enfin apr&#232;s deux bagarres &#224; coups de chaines de v&#233;lo, un accord Dieu merci.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Non, cette fois-ci, c'est du good clean fun et c'est l&#224; :&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center; &quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://josephghosn.com/2010/01/24/les-livres-des-annees-2000-du-fric-frac-club/&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: larger; &quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: rgb(128, 0, 0); &quot;&gt;&lt;strong&gt;Les ann&#233;es 2000 du FFC.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Eric Kraft </title>
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		<description>&quot;I rub against everybody - and against every memory - and against everybody in every memory&quot;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-family: Helvetica, Verdana, sans-serif; &quot;&gt;&quot;I rub against everybody - and against every memory - and against everybody in every memory&quot;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Julio Cortazar </title>
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		<description>&quot;Puisqu'il faut raconter, l'id&#233;al serait que la machine &#224; &#233;crire puisse continuer &#224; taper tout seule et moi, pendant ce temps, j'irais vider un bock au bistro d'&#224; c&#244;t&#233;&quot;

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&lt;a href="http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Citations&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-family: Arial, Verdana, sans-serif; &quot;&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-family: Helvetica, Verdana, sans-serif; &quot;&gt;&quot;Puisqu'il faut raconter, l'id&#233;al serait que la machine &#224; &#233;crire puisse continuer &#224; taper tout seule et moi, pendant ce temps, j'irais vider un bock au bistro d'&#224; c&#244;t&#233;&quot;&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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